Je le dis d'emblée, le titre est évidemment une ânerie, je l'ai choisi uniquement pour qu'on lise mon article...
Mais ce pourrait rapidement devenir une vérité si une reprise de conscience massive ne se fait pas.
Pourquoi une maison ici vaut beaucoup plus ou beaucoup moins qu'une maison ailleurs? Justement parce qu'elle est ici et pas ailleurs!
Le
discours rabâché à l'envie sur la mondialisation, le lait devenant une
"commodity", matière première interchangeable, la supposée nécessaire
course à la compétitivité, à l'adaptation, nous ont fait oublier, et même
renier, une donnée essentielle: la richesse du paysage laitier français,
l'extrême diversité de notre plateau de fromages, de nos spécialités de
produits frais, de nos desserts lactés et même de nos laits de
consommation. Nous avons oublié cet immense attrait auprès des
consommateurs français bien sûr, mais aussi des consommateurs du monde
entier.
Et cette richesse est issue de chaque cour de ferme
laitière française, inscrite dans chaque stabulation, gravée sur tous
les chemins à vaches de France. Et on s'évertue à l'effacer.
Comment
négocier un prix meilleur, comment faire reconnaître la plus-value de
notre lait, comment même s'organiser efficacement si nous ne sommes pas
convaincu de la valeur de notre production?
Et cette valeur, elle
saute aux yeux, elle est connue de tous, elle est vantée dans tous les
magazines d'art de la table du monde, et ce serait nous, les producteurs
à l'origine de cette valeur, qui nous en détourneraient?
Bien
sûr les Appellations d'Origine Contrôlée, les Labels ont une place
primordiale dans le tableau laitier de France, mais chaque camembert non
AOC, chaque pot de cancoillotte, chaque motte de beurre breton, chaque
verre de lait de montagne orne tout aussi dignement de ce tableau.
Si
on se laisse convaincre, absurdement, que tous ces produits peuvent
être élaborés ailleurs, ou avec du lait venant d'autres régions du
monde, alors effectivement il faut accepter ce prix mondial
que tous les industriels français brandissent, il faut se résigner à ce
qu'une grande partie des producteurs disparaissent, il faut abandonner
la belle idée de l'union et de l'organisation professionnelle et
choisir, pour les rares qui le peuvent, le chacun pour soi compétitif.
Mais je n'ai pas encore vu du camembert néo-zélandais ou du lait de montagne des plaines polonaises.
Les
démarches de vente en direct d'une production locale sont
passionnantes, elles défendent très bien les spécificités françaises.
Mais la revendication de ces spécificités a tout autant sa place dans
chaque canal de distribution: rayons de grande surface, assiette dans un
restaurant d'entreprise ou une cantine, frigo dans une épicerie de luxe
américaine ou dans le biberon d'un nourrisson chinois.
Cet
oubli, cette négation de nos atouts, embrume les esprits jusque dans les
conseils d'administration des coopératives, et provoque des prises de
décisions allant parfois à l'encontre de nos richesses.
Les
grands industriels eux sont parfaitement conscients de cet immense
avantage que sont nos traditions, mais ils s'acharnent à nous les faire
oublier, croyant pouvoir élaguer un peu le bel arbre des producteurs et
récolter ses beaux fruits au prix mondial.
Dans
la professions, certains par résignation, par fatigue, d'autres par
fascination pour la supposée réussite d'autres systèmes dans le monde,
sont aussi prêts à accepter ce diktat, à se laisser déposséder de cette
héritage, à accepter le joug du prix mondial.
Mais notre maison
n'est pas dans le désert australien, dans la pampa argentine ou au
milieu du Pacifique, et Paris n'est pas Austin au Texas. Nous avons
d'immenses atouts, et nous les avons tristement oubliés, nous allons
bientôt les renier.
Et proclamer ceci n'est en nulle façon avoir peur de l'autre ou dénigrer les productions étrangères,
mais simplement être conscient de nos forces, pour pouvoir s'organiser
sereinement, avec détermination. On pourra ainsi exiger et obtenir notre
part légitime de la valeur ajoutée réalisée par la filière laitière
françaises, dont les fleurons ne se sont jamais aussi bien portés, et ainsi conforter l'avenir de cette filière.
Redécouvrons qui nous sommes, et ce que nous produisons! Retrouvons la Fierté de traire et revendiquons le Plaisir que notre lait procure!
samedi 30 juillet 2016
mercredi 13 juillet 2016
Réponse à M. Olivier PICOT (Président de la FNIL)
Dans l'interview du 12/07/2016 retranscrite dans le magazine LSA (http://www.lsa-conso.fr/olivier-picot-fnil-l-industrie-laitiere-est-aussi-en-grande-difficulte-interview-exclusive,242499) vous affirmez que les éleveurs français sont mieux payés que les producteurs en Allemagne en particulier. Vous oubliez de rappeler que le lait produit sur les terroirs français est transformé pour une large part en produits issus de la tradition française, à forte valeur ajoutée, qui font la prospérité et la renommée des transformateurs français. Il est donc normal que le prix du lait soit plus élevé en France que dans d'autres pays n'ayant pas cet atout.
D'autre part les producteurs français ont des contraintes (normes, charges sociales et fiscales) peut-être moins aiguës dans d'autres pays.
Il est donc inexact de dire que les producteurs français sont "moins touchés que partout ailleurs dans le monde".
Vous dites que la surproduction actuelle n'est pas uniquement due à la fin des quotas. Effectivement la production française est encadrée de fait par les collecteurs de lait par des références de volume contractuelles héritées des quotas, et la production française de lait a augmenté modérément ces 2 dernières années. En France, si surproduction il y a, elle est due au manque d'échange entre industriels et producteurs sur les besoins réels et à un prix imposé qui n'incite en rien un producteur à réduire sa production pour recoller à la demande.
Vous insinuez que l'année faste de 2014 nous sert de référence dans la gestion de nos exploitations. Le prix du lait a baissé de 140 EUR les mille litres par rapport au plus haut de 2014, soit une chute de 35%. Nos marges ont été anéanties et ce quelles qu'aient été nos espérances prétendues en 2014. Les syndicats auraient soutenu la croissance des volumes, mais ce sont les contrats, proposés par les industriels, qui régissent les volumes. Vous évoquez la volatilité des cours du lait, nous ne constatons depuis 18 mois, et pour encore de longs mois au moins, qu'une baisse. Vous brandissez une guerre des prix entre bassins laitiers, elle ne saurait absolument pas être imputable aux producteurs français, ni d'autres pays d'ailleurs, mais plutôt aux industriels et à leurs acheteurs.
Vous affirmez que l'industrie laitière est touchée de plein fouet. Les résultats publiés pour 2015 par les entreprises qui acceptent de le faire montrent que leurs bénéfices ont augmenté, et étant donné que le prix d'achat de notre lait a perdu encore 10% au cours de l'année 2016, il n'y a aucune raison de penser que la tendance sera bien différente cette année. Mais bien sûr il sera difficile de le constater puisque certaines entreprises, parmi les plus importantes, refusent d'être transparentes sur leurs marges. Vous accusez la grande distribution d'imposer des prix bas et vous nous refusez cet argument, alors que notre production vous est acquise avant même d'être produite au prix qui vous convient! Et vous omettez de dire que la composition du prix du lait incluse dans les contrats, quand les industriels en tiennent en compte, ne prend pas en compte la valorisation des Produits Grande Consommation, pourtant les plus lucratifs pour les industriels. Certaines PMEs font des efforts et, compte tenu du contexte, appliquent un prix, certes encore insuffisant, mais 40 à 60 EUR plus élevé que le plus gros acteur privé du secteur, qui lui paie au plus bas. C'est le résultat d'une parodie de négociation, totalement déséquilibrée, à l'issue de laquelle les Organisations de Producteurs viennent recueillir un prix imposé, tout le reste étant régit par le contrat.
Vous assénez que l'inclusion d'un prix prévisionnel dans les contrats de vente des industriels est "ridicule" car les industriels seraient incapables de le prévoir à l'avance. Nous ne connaissons notre prix du mois que 8 ou 10 jours après son début, et notre cycle de production n'est absolument pas modifiable sur une période aussi courte, ni même sur un ou deux trimestres.
Vous appliquez le même traitement à la mention d'origine des produits laitiers, en invoquant les exportations qui seraient en danger. Mais c'est justement parce que le lait et les produits issus de ce lait sont français, d'excellente qualité et de tradition prisée, que la France est exportatrice. Quel danger de le rappeller?
En vérité la crise que connaissent les producteurs laitiers est absolument inédite, et a déjà des conséquences lourdes dans nos campagnes. Cette ruralité, ces terroirs, ces traditions françaises grâce auxquels de grandes entreprises laitières françaises ont pu se développer sont en passe d'être défigurés. Et ce sera la perte de la spécificité française pourtant si chère à vos marques, à vos spécialités laitières.
Il est temps d'agir énergiquement pour préserver ces atouts, en ouvrant enfin un dialogue équilibré avec les producteurs. Rapports après études rabâchent ce déséquilibre flagrant dans le rapport de force entre producteurs et industriels.
De récentes dispositions législatives rendent possibles des Associations d'Organisation de Producteurs plus grandes, plus puissantes, avec un champ d'action élargi. Elles ont vocation à prendre le relais des Organisations de Producteurs inhibées dans la verticalité de leur relation avec leur industriel.
A nous producteurs de saisir cette opportunité, espérons que la FNIL saisisse cette chance de collaborer avec des interlocuteurs responsables (et non plus de simples livreurs de matière première) et d'élaborer de nouveaux contrats, plus équilibrés bien sûr, plus réactifs sans doute.
Vous déclariez le 16 mars 2016 que "le marché libre dérégulé ne marche ni dans le temps ni dans l’espace". Il faut alors appuyer la proposition française faite à la commission européenne d'instaurer de réelles mesures de régulation de la production, et non la poursuite des mesures d'intervention actuelles qui ne fonctionnent pas, le recul est désormais suffisant pour l'affirmer.
Cette crise, vous en faites pesez tout le poids sur les épaules des producteurs. La fracture est proche, la désintégration du paysage rural laitier français se précise.
D'autre part les producteurs français ont des contraintes (normes, charges sociales et fiscales) peut-être moins aiguës dans d'autres pays.
Il est donc inexact de dire que les producteurs français sont "moins touchés que partout ailleurs dans le monde".
Vous dites que la surproduction actuelle n'est pas uniquement due à la fin des quotas. Effectivement la production française est encadrée de fait par les collecteurs de lait par des références de volume contractuelles héritées des quotas, et la production française de lait a augmenté modérément ces 2 dernières années. En France, si surproduction il y a, elle est due au manque d'échange entre industriels et producteurs sur les besoins réels et à un prix imposé qui n'incite en rien un producteur à réduire sa production pour recoller à la demande.
Vous insinuez que l'année faste de 2014 nous sert de référence dans la gestion de nos exploitations. Le prix du lait a baissé de 140 EUR les mille litres par rapport au plus haut de 2014, soit une chute de 35%. Nos marges ont été anéanties et ce quelles qu'aient été nos espérances prétendues en 2014. Les syndicats auraient soutenu la croissance des volumes, mais ce sont les contrats, proposés par les industriels, qui régissent les volumes. Vous évoquez la volatilité des cours du lait, nous ne constatons depuis 18 mois, et pour encore de longs mois au moins, qu'une baisse. Vous brandissez une guerre des prix entre bassins laitiers, elle ne saurait absolument pas être imputable aux producteurs français, ni d'autres pays d'ailleurs, mais plutôt aux industriels et à leurs acheteurs.
Vous affirmez que l'industrie laitière est touchée de plein fouet. Les résultats publiés pour 2015 par les entreprises qui acceptent de le faire montrent que leurs bénéfices ont augmenté, et étant donné que le prix d'achat de notre lait a perdu encore 10% au cours de l'année 2016, il n'y a aucune raison de penser que la tendance sera bien différente cette année. Mais bien sûr il sera difficile de le constater puisque certaines entreprises, parmi les plus importantes, refusent d'être transparentes sur leurs marges. Vous accusez la grande distribution d'imposer des prix bas et vous nous refusez cet argument, alors que notre production vous est acquise avant même d'être produite au prix qui vous convient! Et vous omettez de dire que la composition du prix du lait incluse dans les contrats, quand les industriels en tiennent en compte, ne prend pas en compte la valorisation des Produits Grande Consommation, pourtant les plus lucratifs pour les industriels. Certaines PMEs font des efforts et, compte tenu du contexte, appliquent un prix, certes encore insuffisant, mais 40 à 60 EUR plus élevé que le plus gros acteur privé du secteur, qui lui paie au plus bas. C'est le résultat d'une parodie de négociation, totalement déséquilibrée, à l'issue de laquelle les Organisations de Producteurs viennent recueillir un prix imposé, tout le reste étant régit par le contrat.
Vous assénez que l'inclusion d'un prix prévisionnel dans les contrats de vente des industriels est "ridicule" car les industriels seraient incapables de le prévoir à l'avance. Nous ne connaissons notre prix du mois que 8 ou 10 jours après son début, et notre cycle de production n'est absolument pas modifiable sur une période aussi courte, ni même sur un ou deux trimestres.
Vous appliquez le même traitement à la mention d'origine des produits laitiers, en invoquant les exportations qui seraient en danger. Mais c'est justement parce que le lait et les produits issus de ce lait sont français, d'excellente qualité et de tradition prisée, que la France est exportatrice. Quel danger de le rappeller?
En vérité la crise que connaissent les producteurs laitiers est absolument inédite, et a déjà des conséquences lourdes dans nos campagnes. Cette ruralité, ces terroirs, ces traditions françaises grâce auxquels de grandes entreprises laitières françaises ont pu se développer sont en passe d'être défigurés. Et ce sera la perte de la spécificité française pourtant si chère à vos marques, à vos spécialités laitières.
Il est temps d'agir énergiquement pour préserver ces atouts, en ouvrant enfin un dialogue équilibré avec les producteurs. Rapports après études rabâchent ce déséquilibre flagrant dans le rapport de force entre producteurs et industriels.
De récentes dispositions législatives rendent possibles des Associations d'Organisation de Producteurs plus grandes, plus puissantes, avec un champ d'action élargi. Elles ont vocation à prendre le relais des Organisations de Producteurs inhibées dans la verticalité de leur relation avec leur industriel.
A nous producteurs de saisir cette opportunité, espérons que la FNIL saisisse cette chance de collaborer avec des interlocuteurs responsables (et non plus de simples livreurs de matière première) et d'élaborer de nouveaux contrats, plus équilibrés bien sûr, plus réactifs sans doute.
Vous déclariez le 16 mars 2016 que "le marché libre dérégulé ne marche ni dans le temps ni dans l’espace". Il faut alors appuyer la proposition française faite à la commission européenne d'instaurer de réelles mesures de régulation de la production, et non la poursuite des mesures d'intervention actuelles qui ne fonctionnent pas, le recul est désormais suffisant pour l'affirmer.
Cette crise, vous en faites pesez tout le poids sur les épaules des producteurs. La fracture est proche, la désintégration du paysage rural laitier français se précise.
vendredi 8 juillet 2016
mercredi 29 juin 2016
Brexit
Brexit: les banques de la City annoncent des transferts d'activités vers les autres places européennes.
jeudi 2 juin 2016
Régulation agile, suite!
Insistons, Rabâchons
Produit-on plus de voiture pour la seule raison qu'il y a plus de pièces détachées? Non, les voitures sont produites car les fabricants automobiles pensent identifier des marchés, ce qui n'empêchent pas forcément les crises dans ce secteur.
Mais produire et stocker de la poudre, du beurre et des fromages industriels uniquement parce que le lait est produit est une absurdité dont on constate la réalité depuis plus d'un an à présent.
Ceci est possible et même inévitable car une multitude de producteurs sans organisation cohérente et d'ampleur, produisent à l'aveugle, sans information sur les débouchés. Ceci est amplifié car plus le prix du lait baisse, plus les producteurs produisent, pour tenter de couvrir leurs besoins de trésorerie. Et donc plus ce "marché d'excédents" force le prix du lait à la baisse.
Ceci a été préparé par la trop grande importance accordée aux promesses de l'export il y a encore 2, 3 ou 4 ans. Des tours de séchage ont été construites, et le sont toujours, massivement en Europe pour répondre à ce besoin fantasmé. Il faut maintenant amortir ces outils, donc absorber du lait pour le transformer en poudre, qui est ensuite vendu puis stockée sans débouché aucun à l'intervention européenne!
C'est pourquoi, pour le moment, les transformateurs n'ont pas donné de signaux forts pour limiter la production, bien que la demande soit en berne.
Des signaux en direction des producteurs inopérants
On peut être tenté de reporter la responsabilité de la surproduction sur les seules épaules des producteurs... Après tout on récolte ce que l'on sème, et comme l'a dit un personnage important, celui-même qui a en grande partie la main sur une éventuelle politique de régulation européenne, si les producteurs continuent à produire, c'est qu'ils y trouvent leur compte.
Il faut pourtant être sourd et aveugle pour ignorer les appels de détresse venant de tous les producteurs européens, les alertes sur notre situation financière de plus en plus fragile venant de nombreux observateurs.
C'est simplement que les signaux reçus par les producteurs sont à contre sens. Le prix baisse, il faut produire plus pour couvrir nos charges. Il y a trop de poudre, l'Union Européenne la stocke, la balaie sous le tapis, et les tours de séchage doivent fonctionner coûte que coûte.
Sérieusement, quel signal intelligible et cohérent est envoyé aux producteurs pour réellement les inciter à baisser leur production et ainsi résoudre ce déséquilibre du marché qui ferait remonter les prix à un niveau simplement digne, juste, équitable? Seulement des incantations, certains diraient hypocrites, contredites par les actes politiques et les stratégies industrielles.
Le marché du lait doit être régulé, par nature
Les Etats Unis ont le système des Milk Marketing Orders, qui si il ne garanti par de prix, permet d'avoir une information claire sur les données de marchés récentes, l'utilisation du lait par catégorie de produits et de s'assurer d'une certaine cohérence entre offre et demande.
L'Europe avait les quotas.
Parmi les grands producteurs mondiaux, la Nouvelle Zélande faisait office de cas particulier (avant la suppression des quotas européens) car la filière laitière ne bénéficie d'aucun soutien de l'état. Mais les producteurs néo-zélandais sont quasiment tous coopérateurs sous l'égide de Fonterra, donc en théorie maître de leur filière de bout en bout. Surtout, la production néo-zélandaise est par nature opportuniste, c'est à dire ciblée quasiment exclusivement sur les marchés à l'exportation, historiquement à destination de l'Asie-Pacifique. Le pré-requis de base pour être laitier là bas, c'est d'accepter les aléas de ce marché, qu'ils ont d'ailleurs largement créer et encadré avec leur plateforme GlobalDairyTrade.
L'Europe n'a pas ce passé. L'Europe est un immense marché de consommation intérieure. Il est absurde que l'Europe, ensupprimant toute régulation, s'impose les seules turpitudes du marché à l'exportation, sans le maîtriser d'ailleurs, et ne capitalise pas sur ses avantages. A moins que les maillons en aval de la filière laitière européenne ne veuille faire des producteurs les seules variables d'ajustement, les seuls porteurs de risque, des "taffeurs" industrieux ne réclamant pas leur juste récompense.
C'est exactement ce que l'on constate depuis plus d'un an! Et la lenteur prise pour remédier à cette situation si cruelle pourrait faire penser que ceci a été sciemment préparé, désiré.
Peut-être qu'un marché régulé déplairait aussi à certains observateurs, analystes, économistes, car trop stable, trop prévisible, peu propice aux grandes envolées commentatrices et intellectuelles. Pourquoi aussi peu d'engouement pour une solution rationnelle?
Produit-on plus de voiture pour la seule raison qu'il y a plus de pièces détachées? Non, les voitures sont produites car les fabricants automobiles pensent identifier des marchés, ce qui n'empêchent pas forcément les crises dans ce secteur.
Mais produire et stocker de la poudre, du beurre et des fromages industriels uniquement parce que le lait est produit est une absurdité dont on constate la réalité depuis plus d'un an à présent.
Ceci est possible et même inévitable car une multitude de producteurs sans organisation cohérente et d'ampleur, produisent à l'aveugle, sans information sur les débouchés. Ceci est amplifié car plus le prix du lait baisse, plus les producteurs produisent, pour tenter de couvrir leurs besoins de trésorerie. Et donc plus ce "marché d'excédents" force le prix du lait à la baisse.
Ceci a été préparé par la trop grande importance accordée aux promesses de l'export il y a encore 2, 3 ou 4 ans. Des tours de séchage ont été construites, et le sont toujours, massivement en Europe pour répondre à ce besoin fantasmé. Il faut maintenant amortir ces outils, donc absorber du lait pour le transformer en poudre, qui est ensuite vendu puis stockée sans débouché aucun à l'intervention européenne!
C'est pourquoi, pour le moment, les transformateurs n'ont pas donné de signaux forts pour limiter la production, bien que la demande soit en berne.
Des signaux en direction des producteurs inopérants
On peut être tenté de reporter la responsabilité de la surproduction sur les seules épaules des producteurs... Après tout on récolte ce que l'on sème, et comme l'a dit un personnage important, celui-même qui a en grande partie la main sur une éventuelle politique de régulation européenne, si les producteurs continuent à produire, c'est qu'ils y trouvent leur compte.
Il faut pourtant être sourd et aveugle pour ignorer les appels de détresse venant de tous les producteurs européens, les alertes sur notre situation financière de plus en plus fragile venant de nombreux observateurs.
C'est simplement que les signaux reçus par les producteurs sont à contre sens. Le prix baisse, il faut produire plus pour couvrir nos charges. Il y a trop de poudre, l'Union Européenne la stocke, la balaie sous le tapis, et les tours de séchage doivent fonctionner coûte que coûte.
Sérieusement, quel signal intelligible et cohérent est envoyé aux producteurs pour réellement les inciter à baisser leur production et ainsi résoudre ce déséquilibre du marché qui ferait remonter les prix à un niveau simplement digne, juste, équitable? Seulement des incantations, certains diraient hypocrites, contredites par les actes politiques et les stratégies industrielles.
Le marché du lait doit être régulé, par nature
Les Etats Unis ont le système des Milk Marketing Orders, qui si il ne garanti par de prix, permet d'avoir une information claire sur les données de marchés récentes, l'utilisation du lait par catégorie de produits et de s'assurer d'une certaine cohérence entre offre et demande.
L'Europe avait les quotas.
Parmi les grands producteurs mondiaux, la Nouvelle Zélande faisait office de cas particulier (avant la suppression des quotas européens) car la filière laitière ne bénéficie d'aucun soutien de l'état. Mais les producteurs néo-zélandais sont quasiment tous coopérateurs sous l'égide de Fonterra, donc en théorie maître de leur filière de bout en bout. Surtout, la production néo-zélandaise est par nature opportuniste, c'est à dire ciblée quasiment exclusivement sur les marchés à l'exportation, historiquement à destination de l'Asie-Pacifique. Le pré-requis de base pour être laitier là bas, c'est d'accepter les aléas de ce marché, qu'ils ont d'ailleurs largement créer et encadré avec leur plateforme GlobalDairyTrade.
L'Europe n'a pas ce passé. L'Europe est un immense marché de consommation intérieure. Il est absurde que l'Europe, ensupprimant toute régulation, s'impose les seules turpitudes du marché à l'exportation, sans le maîtriser d'ailleurs, et ne capitalise pas sur ses avantages. A moins que les maillons en aval de la filière laitière européenne ne veuille faire des producteurs les seules variables d'ajustement, les seuls porteurs de risque, des "taffeurs" industrieux ne réclamant pas leur juste récompense.
C'est exactement ce que l'on constate depuis plus d'un an! Et la lenteur prise pour remédier à cette situation si cruelle pourrait faire penser que ceci a été sciemment préparé, désiré.
Peut-être qu'un marché régulé déplairait aussi à certains observateurs, analystes, économistes, car trop stable, trop prévisible, peu propice aux grandes envolées commentatrices et intellectuelles. Pourquoi aussi peu d'engouement pour une solution rationnelle?
lundi 30 mai 2016
Production laitière: "The New Normal"
Un nouveau "paradigme"
Après la crise financière de 2008, Wall Street s'est entichée du terme "The New Normal" pour exprimer le fait que beaucoup de ce qui semblait improbable avant la crise était à présent ancré pour longtemps dans la réalité. Les vieux démons reviennent vite, mais la crise a suscité un effort considérable de régulation du système financier.
La fin des quotas laitiers européens, tout l'indique en juin 2016, a eu cet effet de créer "a New Normal", ou pour utiliser un terme à la mode, un nouveau "paradigme" laitier. Beaucoup, surtout ceux qui ont le pouvoir d'agir dans ce qu'ils croient encore n'être qu'une "crise" laitière, ne s'en rendent semble-t-il pas encore compte, pendant que les producteurs de lait, de plus en plus nombreux dans tous les pays, constatent que leur situation financière devient franchement inquiétante.
On se rend compte que les quotas européens régulaient de fait la production mondiale dans une large mesure, et assuraient un équilibre offre/demande considérable au niveau mondial. Une fois supprimés, il est évident que les mécanismes d'ajustement du marché laitier ne fonctionnent tout simplement pas, voire à l'inverse de ce que les experts prévoyaient, le fameux "soft landing".
Depuis un an, plus le prix baisse, plus la production augmente. La production laitière est par bien des aspects très particulières: périssabilité extrême, cycle de production long, investissements lourds, structures de production non convertissables, engagement sur le long terme pour le foncier et aussi, surtout, dans tous les pays, grande résilience des producteurs qui ne veulent tous simplement pas arrêter de traire, comme ils le font sept jours sur sept.
Et il y a fort à parier que si par chance le prix venait à augmenter un peu, du fait d'une hausse de la demande, la production laitière augmenterait très rapidement pour profiter de l'aubaine, entraînant une nouvelle baisse.
Une trop lente prise de conscience
En Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis (a priori non concernés par les quotas), mais aussi en Irlande (où la suppression de ces quotas étaient ardemment souhaitées), des observateurs commencent à reconnaître que la hausse de la production est inarrêtable, inévitable, bien supérieure à celle de la demande sur le moyen à long terme, et que le prix du lait restera aux alentours de 250 EUR la tonne durablement.
On nous prédisait de la volatilité, on découvre que le marché est plombé, et pire, dysfonctionnel. Ce marché, en fait seulement la confrontation de l'offre et la demande principalement de poudre de lait et de beurre, est désormais noyé sous les excédents, écrasé par les stocks absorbés par l'intervention européenne et donc temporairement "hors-marché". Et l'immense majorité des volumes consommés dans le monde, sous forme de lait liquide, fromage, yaourt et desserts lactés, est entraînée dans cette baisse infernale. Pour ces produits, il faut noter qu'il n'y a pas de confrontation offre/demande à la sortie de cour de ferme, mais seulement livraison et paiement soumis à la décision de l'acheteur. L'offre et la demande ne se confrontent qu'entre industriels et centrales d'achat ou restauration hors domicile, ou dans les assiettes des consommateurs. Mais le lait est déjà, toujours produit.
On nous promettait des outils de couvertures sur les marchés, ou des mécanismes d'assurance marges. En dehors du fait qu'ils sont désormais inapplicables dans ce nouvel environnement, avec ces nouveaux repères pour le prix du lait, en quoi pourraient-ils contribuer à maîtriser la production? Bien au contraire, ils déconnecteraient encore plus prix et équilibre offre/demande. Quel intérêt a un producteur a baisser sa production si sa marge est garantie en cas de baisse du prix?
Une seule solution: la régulation agile
Il faut absolument que seul le lait dont le monde a réellement besoin soit produit. Il faut travailler à identifier ces besoins en permanence, de façon dynamique, en dehors de tout hypothétique "nouveau marché" à l'export, qui n'est bien souvent qu'un mouvement de stockage momentané d'un pays acheteur. Les industriels doivent fournir toutes les informations, en transparence, permettant de définir le plus précisément possible ces besoins. Selon ces besoins exprimés, les producteurs de lait, organisés, peuvent alors livrer les quantités requises et non à l'aveugle. L'offre colle alors au plus près à la demande, un prix juste, équitable en résultant. Un prix administré! Oui, sans doute ne verrions-nous plus jamais le prix du lait monter à 450 EUR, mais aussi serions-nous certains de ne pas être condamné à un prix de 250 EUR.
Cet effort de régulation doit être fait par l'Union Européenne, mais d'autres pays pourraient y être associés, car nul doute que dans les prochains mois ce nouveau paradigme (mais incohérent par tant d'aspects) deviendra évident pour tous.
Après la crise financière de 2008, Wall Street s'est entichée du terme "The New Normal" pour exprimer le fait que beaucoup de ce qui semblait improbable avant la crise était à présent ancré pour longtemps dans la réalité. Les vieux démons reviennent vite, mais la crise a suscité un effort considérable de régulation du système financier.
La fin des quotas laitiers européens, tout l'indique en juin 2016, a eu cet effet de créer "a New Normal", ou pour utiliser un terme à la mode, un nouveau "paradigme" laitier. Beaucoup, surtout ceux qui ont le pouvoir d'agir dans ce qu'ils croient encore n'être qu'une "crise" laitière, ne s'en rendent semble-t-il pas encore compte, pendant que les producteurs de lait, de plus en plus nombreux dans tous les pays, constatent que leur situation financière devient franchement inquiétante.
On se rend compte que les quotas européens régulaient de fait la production mondiale dans une large mesure, et assuraient un équilibre offre/demande considérable au niveau mondial. Une fois supprimés, il est évident que les mécanismes d'ajustement du marché laitier ne fonctionnent tout simplement pas, voire à l'inverse de ce que les experts prévoyaient, le fameux "soft landing".
Depuis un an, plus le prix baisse, plus la production augmente. La production laitière est par bien des aspects très particulières: périssabilité extrême, cycle de production long, investissements lourds, structures de production non convertissables, engagement sur le long terme pour le foncier et aussi, surtout, dans tous les pays, grande résilience des producteurs qui ne veulent tous simplement pas arrêter de traire, comme ils le font sept jours sur sept.
Et il y a fort à parier que si par chance le prix venait à augmenter un peu, du fait d'une hausse de la demande, la production laitière augmenterait très rapidement pour profiter de l'aubaine, entraînant une nouvelle baisse.
Une trop lente prise de conscience
En Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis (a priori non concernés par les quotas), mais aussi en Irlande (où la suppression de ces quotas étaient ardemment souhaitées), des observateurs commencent à reconnaître que la hausse de la production est inarrêtable, inévitable, bien supérieure à celle de la demande sur le moyen à long terme, et que le prix du lait restera aux alentours de 250 EUR la tonne durablement.
On nous prédisait de la volatilité, on découvre que le marché est plombé, et pire, dysfonctionnel. Ce marché, en fait seulement la confrontation de l'offre et la demande principalement de poudre de lait et de beurre, est désormais noyé sous les excédents, écrasé par les stocks absorbés par l'intervention européenne et donc temporairement "hors-marché". Et l'immense majorité des volumes consommés dans le monde, sous forme de lait liquide, fromage, yaourt et desserts lactés, est entraînée dans cette baisse infernale. Pour ces produits, il faut noter qu'il n'y a pas de confrontation offre/demande à la sortie de cour de ferme, mais seulement livraison et paiement soumis à la décision de l'acheteur. L'offre et la demande ne se confrontent qu'entre industriels et centrales d'achat ou restauration hors domicile, ou dans les assiettes des consommateurs. Mais le lait est déjà, toujours produit.
On nous promettait des outils de couvertures sur les marchés, ou des mécanismes d'assurance marges. En dehors du fait qu'ils sont désormais inapplicables dans ce nouvel environnement, avec ces nouveaux repères pour le prix du lait, en quoi pourraient-ils contribuer à maîtriser la production? Bien au contraire, ils déconnecteraient encore plus prix et équilibre offre/demande. Quel intérêt a un producteur a baisser sa production si sa marge est garantie en cas de baisse du prix?
Une seule solution: la régulation agile
Il faut absolument que seul le lait dont le monde a réellement besoin soit produit. Il faut travailler à identifier ces besoins en permanence, de façon dynamique, en dehors de tout hypothétique "nouveau marché" à l'export, qui n'est bien souvent qu'un mouvement de stockage momentané d'un pays acheteur. Les industriels doivent fournir toutes les informations, en transparence, permettant de définir le plus précisément possible ces besoins. Selon ces besoins exprimés, les producteurs de lait, organisés, peuvent alors livrer les quantités requises et non à l'aveugle. L'offre colle alors au plus près à la demande, un prix juste, équitable en résultant. Un prix administré! Oui, sans doute ne verrions-nous plus jamais le prix du lait monter à 450 EUR, mais aussi serions-nous certains de ne pas être condamné à un prix de 250 EUR.
Cet effort de régulation doit être fait par l'Union Européenne, mais d'autres pays pourraient y être associés, car nul doute que dans les prochains mois ce nouveau paradigme (mais incohérent par tant d'aspects) deviendra évident pour tous.
mercredi 27 avril 2016
La Saga des Pactoliers 1
6 avril 2XX6
Une interview du porte parole de Pactolis (le pater et capita préférant se consacrer discrètement à la réussite de son groupe) a paru dans le bulletin de la filière Parole au pactole:
"Nous nous trouvons dans la localité-siège du groupe Pactolis (union de 2 bourgs paisibles, L'Avhâl et Riendotr, séparés par la majestueuse rivière Toue) pour partager l'analyse de son porte parole, M. Jack Potte, sur la situation actuelle de la filière pactole.
M. Potte, il se dit que les résultats du groupe seront mirifiques cette année, pourtant les producteurs de pactole sont dans une situation plus que délicate.
Il ne faut pas oublier que le but ultime de la filière est d'offrir au consommateur un produit sûr et au prix le plus bas. Il est sain que les maillons transformation et distribution soient solides! Il n'y a d'ailleurs aucune honte à être une variable d'ajustement dans la chaîne de production et de distribution des produits pactoliers, les producteurs peuvent être fiers de leur noble rôle.
Mais quelles sont les mesures que vous prenez pour alléger leurs difficultés?
Le principal danger pour la filière, c'est la volatilité. Nous avons donc impos... je veux dire proposé un contrat à nos producteurs afin de leur garantir une baisse régulière des prix et une collecte certaine des volumes produits, et ce durablement. D'autre part des à-valoir-à-venir-et-revenir garantis sous conditions sont régulièrement versés afin d'irriguer leurs trésoreries. Enfin nous sommes aux côtés de nos producteurs afin des les aider à s'organiser, par exemple nous les guidons dans le choix de leurs représentants, et nous avons des contacts incest... je veux dire incessants avec ces organisations. Mais n'oublions pas que trop de négociation tue la négociation. En tout état de cause nous restons à l'écoute de nos producteurs devant les tribunaux en cas de désaccord. Enfin nos producteurs bénéficient de l'aide claire, diligente, simplifiée et importante des services publiques.
Que pouvez vous nous dire de la situation de vos concurrents?
Il est vrai que les groupes sociétaires sont dans une passe délicate, le marché sur lequel ils ont massivement investi, la poudre de pactole, est très tendu. Mais nous sommes persuadés que leur abnégation stratégique leur permettra d'atteindre la taille critique souhaitée. Heureusement pour eux, les sociétaires n'ont pas leur mot à dire sur le prix payé. Nous nous laissons évidemment la possibilité de faire des acquisitions judicieuses si le marché change de tendance.
En conclusion, quel message souhaiteź vous adresser à vos livreurs de pactole?
Je veux leur dire que la situation actuelle est une chance pour leurs exploitations, une opportunité formidable de gagner en compétitivité, de les moderniser, et pour eux aussi, de gagner des Parts de Marché, ce dont tout Chef d'Entreprise rêve la nuit. Mais qu'ils dorment tranquilles, ils doivent être certains que nous collecterons leur pactole à des prix stablement baissier, et nous faisons tout pour les protéger de ce mal terrible, la volatilité.
Propos recueillis à l'Avhâl-et-Riendotr-sur-Toue le 01/04/16.
NDLR: certains passages de cette interview ont été édités à la demande de M. Potte car pouvant choquer les producteurs de pactole les plus jeunes ou les moins naïfs, et par considération pour leur famille.
13 avril 2XX6
Le groupe sociétaire PasUnÏota, pourtant au bord du goufre suite aux pressions commerciales de la Gms, si l'on en croit son président-et-plus-si-possible suite à ses déclarations des derniers mois, offre pourant une prime de 12 eur sur les livraisons de pactole de cette année (bien lire les lignes écrites en tout petit cependant: obligatoirement tout reverser au groupe en achats divers et avariés, bien distinguer les prix A et A-en-B et B, ne pas trop livrer mais assez quand meme, régularisable le dernier jour de la campagne).
Joli sacrifice!
15 avril 2XX6
Info rapide!
Rumeur glanée ici ou là, mais il y a eu des échanges d'huiles administratives récemment entre les 2 groupes sociétaires.
Le gros groupe sociétaire batave Bouklett-Pactolina souhaiterait fusionner avec le non moins gros groupe gaulois Pacmanaladaal (ndlr:référence au ptit bonhomme ludo-vidéo qui bouffe tout les bonbons qu'il voit, et souvent des pilules empoisonnées).
Pourtant le batave s'évertue à coup de prime à encourager ses livreurs à moins livrer, et le gaulois accepte tous les débouchés possibles sans trop de discernement. Trop de pactole mais pas encore assez pour des prix toujours plus bas!
Stratégie admirable qui laisse coi une fois assimilée (sans pour autant être comprise). Il est certain que l'on s'approche de cette fameuse Taille Critique, Saint Graal-but-en-soi des groupes sociétaires, et PasUnÏota enrage, tous les livreurs de pactole aussi!
17 avril 2XX6
Breaking News!
Des producteurs de Pactole ultra marins annoncent qu'ils peuvent désormais produire pourpresque rien le précieux liquide.
Le président de la Fnip Modeste Picto-Pacto déclare aussitôt:
"Nous saluons cette grande avancée en nous engageant à payer le pactole à nos livreurs un peu moins que rien pour les trimestres à venir, et ceci afin de les conforter dans leur démarche de compétitivité et de modernisation."
Parole au Pactole ira bien sûr prochainement à la rencontre de producteurs-disciples proches de vous dotés de cette ouverture d'esprit permettant une telle révolution de la filière.
20 avril 2XX6
À quel point les puissants peuvent-ils être méchants?
Explorons la question avec Phil Pactan, Très Haut Commissaire Pour l'Industrie Agro-Alimentaire et Contre l'Agriculture
- M. Pactan, quelles sont les mesures prises pour contrer la crise du pactole?
- Nous avons réagi aussi vite et aussi fortement que possible face aux difficultés (toute relatives cependant) des pactoliers en s'assurant d'abord de la solidité des transformateurs. Nous avons donc décidé de créer ex nihilo un nouveau débouché illimité pour la poudre de pactole grâce auStockage! (Applaudissements frénétiques et très soulagés des représentants de PasUnÏota et Pacmanaladaal).
-Mais cette solution n'est pas nouvelle, les quotas ont justement été instaurés pour limiter son utilisation abusive et délétère à moyen et long terme...
- Haaaaaaaaa, "quota", quel vilain mot, quel affreux concept! Et pourquoi pas "Régulation" tant que vous y êtes! Non, le monde que nous souhaitons est celui de la libre entreprise, du libre échange, de la beauté du mouvement de toutes ces petites marchandises et mignons transferts de fonds sans entrave aucune, de ce merveilleux ballet symbole de la réussite! Le pactole y a bien sûr toute sa place.
-Mais les pactoliers sont loin d'être convain...
-Mais enfin, ils ne sont pas si malheureux puisqu'ils produisent du pactole à en faire péter leur tank! "Life is fun!" Ils doivent arrêter de pleurnicher et crôôquer la vie à pleine dent (et leurs voisins en même temps si possible)! Trouver des solutions modernes, comme le travail à l'extérieur, investir massivement dans les bioénergies, surfer sur les bulles foncières ou ouvrir une ligne de crédit revolving non remboursable! Ne pas se satisfaire du petit statut de pactolier. "Life is fun (for winners)!". Innover, s'Adapter, Réussir, même si on doit sacrifier tout le reste!
-Vous ne mettrez donc aucune mesure supplémentaire en place?
-Non, aucune. Les producteurs de pactole peuvent désormais se regrouper autant qu'ils le souhaitent et essayer (bonne chance) de signer des contrats équitables maintenant que les volumes ont explosés et que les prix sont enfin très bas, se féliciter qu'on ai vaincu la volatilité! Allez, halte au pessimisme, "Life is fun", que les meilleurs gagnent et que les autres les y aident! Quel jeu passionnant!
Ndlr: certaines expressions intraduisibles ou particulièrement libéralo-folklorique ont été conservées dans leur version originale.
24 avril 2XX6
Surprenant, interloquant, loufoque phénomène dans les campagnes observés récemment. Des pactoliers stratoptimistes implorant à genoux Pactolis de les payer encore un peu moins que rien, juste pour le plaisir et la gloire de participer à ce phénoménal succès économique!
Jouissance maso-libérale!
Une interview du porte parole de Pactolis (le pater et capita préférant se consacrer discrètement à la réussite de son groupe) a paru dans le bulletin de la filière Parole au pactole:
"Nous nous trouvons dans la localité-siège du groupe Pactolis (union de 2 bourgs paisibles, L'Avhâl et Riendotr, séparés par la majestueuse rivière Toue) pour partager l'analyse de son porte parole, M. Jack Potte, sur la situation actuelle de la filière pactole.
M. Potte, il se dit que les résultats du groupe seront mirifiques cette année, pourtant les producteurs de pactole sont dans une situation plus que délicate.
Il ne faut pas oublier que le but ultime de la filière est d'offrir au consommateur un produit sûr et au prix le plus bas. Il est sain que les maillons transformation et distribution soient solides! Il n'y a d'ailleurs aucune honte à être une variable d'ajustement dans la chaîne de production et de distribution des produits pactoliers, les producteurs peuvent être fiers de leur noble rôle.
Mais quelles sont les mesures que vous prenez pour alléger leurs difficultés?
Le principal danger pour la filière, c'est la volatilité. Nous avons donc impos... je veux dire proposé un contrat à nos producteurs afin de leur garantir une baisse régulière des prix et une collecte certaine des volumes produits, et ce durablement. D'autre part des à-valoir-à-venir-et-revenir garantis sous conditions sont régulièrement versés afin d'irriguer leurs trésoreries. Enfin nous sommes aux côtés de nos producteurs afin des les aider à s'organiser, par exemple nous les guidons dans le choix de leurs représentants, et nous avons des contacts incest... je veux dire incessants avec ces organisations. Mais n'oublions pas que trop de négociation tue la négociation. En tout état de cause nous restons à l'écoute de nos producteurs devant les tribunaux en cas de désaccord. Enfin nos producteurs bénéficient de l'aide claire, diligente, simplifiée et importante des services publiques.
Que pouvez vous nous dire de la situation de vos concurrents?
Il est vrai que les groupes sociétaires sont dans une passe délicate, le marché sur lequel ils ont massivement investi, la poudre de pactole, est très tendu. Mais nous sommes persuadés que leur abnégation stratégique leur permettra d'atteindre la taille critique souhaitée. Heureusement pour eux, les sociétaires n'ont pas leur mot à dire sur le prix payé. Nous nous laissons évidemment la possibilité de faire des acquisitions judicieuses si le marché change de tendance.
En conclusion, quel message souhaiteź vous adresser à vos livreurs de pactole?
Je veux leur dire que la situation actuelle est une chance pour leurs exploitations, une opportunité formidable de gagner en compétitivité, de les moderniser, et pour eux aussi, de gagner des Parts de Marché, ce dont tout Chef d'Entreprise rêve la nuit. Mais qu'ils dorment tranquilles, ils doivent être certains que nous collecterons leur pactole à des prix stablement baissier, et nous faisons tout pour les protéger de ce mal terrible, la volatilité.
Propos recueillis à l'Avhâl-et-Riendotr-sur-Toue le 01/04/16.
NDLR: certains passages de cette interview ont été édités à la demande de M. Potte car pouvant choquer les producteurs de pactole les plus jeunes ou les moins naïfs, et par considération pour leur famille.
13 avril 2XX6
Le groupe sociétaire PasUnÏota, pourtant au bord du goufre suite aux pressions commerciales de la Gms, si l'on en croit son président-et-plus-si-possible suite à ses déclarations des derniers mois, offre pourant une prime de 12 eur sur les livraisons de pactole de cette année (bien lire les lignes écrites en tout petit cependant: obligatoirement tout reverser au groupe en achats divers et avariés, bien distinguer les prix A et A-en-B et B, ne pas trop livrer mais assez quand meme, régularisable le dernier jour de la campagne).
Joli sacrifice!
15 avril 2XX6
Info rapide!
Rumeur glanée ici ou là, mais il y a eu des échanges d'huiles administratives récemment entre les 2 groupes sociétaires.
Le gros groupe sociétaire batave Bouklett-Pactolina souhaiterait fusionner avec le non moins gros groupe gaulois Pacmanaladaal (ndlr:référence au ptit bonhomme ludo-vidéo qui bouffe tout les bonbons qu'il voit, et souvent des pilules empoisonnées).
Pourtant le batave s'évertue à coup de prime à encourager ses livreurs à moins livrer, et le gaulois accepte tous les débouchés possibles sans trop de discernement. Trop de pactole mais pas encore assez pour des prix toujours plus bas!
Stratégie admirable qui laisse coi une fois assimilée (sans pour autant être comprise). Il est certain que l'on s'approche de cette fameuse Taille Critique, Saint Graal-but-en-soi des groupes sociétaires, et PasUnÏota enrage, tous les livreurs de pactole aussi!
17 avril 2XX6
Breaking News!
Des producteurs de Pactole ultra marins annoncent qu'ils peuvent désormais produire pourpresque rien le précieux liquide.
Le président de la Fnip Modeste Picto-Pacto déclare aussitôt:
"Nous saluons cette grande avancée en nous engageant à payer le pactole à nos livreurs un peu moins que rien pour les trimestres à venir, et ceci afin de les conforter dans leur démarche de compétitivité et de modernisation."
Parole au Pactole ira bien sûr prochainement à la rencontre de producteurs-disciples proches de vous dotés de cette ouverture d'esprit permettant une telle révolution de la filière.
20 avril 2XX6
À quel point les puissants peuvent-ils être méchants?
Explorons la question avec Phil Pactan, Très Haut Commissaire Pour l'Industrie Agro-Alimentaire et Contre l'Agriculture
- M. Pactan, quelles sont les mesures prises pour contrer la crise du pactole?
- Nous avons réagi aussi vite et aussi fortement que possible face aux difficultés (toute relatives cependant) des pactoliers en s'assurant d'abord de la solidité des transformateurs. Nous avons donc décidé de créer ex nihilo un nouveau débouché illimité pour la poudre de pactole grâce auStockage! (Applaudissements frénétiques et très soulagés des représentants de PasUnÏota et Pacmanaladaal).
-Mais cette solution n'est pas nouvelle, les quotas ont justement été instaurés pour limiter son utilisation abusive et délétère à moyen et long terme...
- Haaaaaaaaa, "quota", quel vilain mot, quel affreux concept! Et pourquoi pas "Régulation" tant que vous y êtes! Non, le monde que nous souhaitons est celui de la libre entreprise, du libre échange, de la beauté du mouvement de toutes ces petites marchandises et mignons transferts de fonds sans entrave aucune, de ce merveilleux ballet symbole de la réussite! Le pactole y a bien sûr toute sa place.
-Mais les pactoliers sont loin d'être convain...
-Mais enfin, ils ne sont pas si malheureux puisqu'ils produisent du pactole à en faire péter leur tank! "Life is fun!" Ils doivent arrêter de pleurnicher et crôôquer la vie à pleine dent (et leurs voisins en même temps si possible)! Trouver des solutions modernes, comme le travail à l'extérieur, investir massivement dans les bioénergies, surfer sur les bulles foncières ou ouvrir une ligne de crédit revolving non remboursable! Ne pas se satisfaire du petit statut de pactolier. "Life is fun (for winners)!". Innover, s'Adapter, Réussir, même si on doit sacrifier tout le reste!
-Vous ne mettrez donc aucune mesure supplémentaire en place?
-Non, aucune. Les producteurs de pactole peuvent désormais se regrouper autant qu'ils le souhaitent et essayer (bonne chance) de signer des contrats équitables maintenant que les volumes ont explosés et que les prix sont enfin très bas, se féliciter qu'on ai vaincu la volatilité! Allez, halte au pessimisme, "Life is fun", que les meilleurs gagnent et que les autres les y aident! Quel jeu passionnant!
Ndlr: certaines expressions intraduisibles ou particulièrement libéralo-folklorique ont été conservées dans leur version originale.
24 avril 2XX6
Surprenant, interloquant, loufoque phénomène dans les campagnes observés récemment. Des pactoliers stratoptimistes implorant à genoux Pactolis de les payer encore un peu moins que rien, juste pour le plaisir et la gloire de participer à ce phénoménal succès économique!
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