samedi 28 octobre 2017
samedi 21 octobre 2017
La Formation du Prix Du Lait, Live!
Mes chers amis, certains astrophysiciens attendent toute une vie pour
avoir la chance inouïe d'observer la mort d'une étoile et la naissance
d'une super nova, ce qui est la même chose.
Dans une autre voie lactée, nous aussi, braves laitiers, avons aujourd'hui le bonheur teinté d'extase d'être témoin d'un phénomène au combien fugace, celui de la Formation du Prix du Lait.
Lactalis lance "L'Appel des Prés"!
http://www.fhcom.net/uploads/pressactu/1507192881-dplactelappel.pdf
Un lait sans OGM, avec 200 j de pâturages et plein d'autres bonnes petites contraintes pour l'éleveur.
A noter qu'il est demi écrémé, et que son prix est de 1.15 EUR le litre.
Hors le Lactel 1/2 écrémé classique de Lactalis est vendu environ 0.90 et 1 eur le litre.
Soit de 15 à 25 cts de différence!
A noter que les qualités supplémentaires annoncées du lait "Appel des Prés" proviennent exclusivement du producteur.
Magnifique, nous sommes témoin d'une réelle création de Valeur Ajoutée!
Naïfs que vous êtes, mes petits laitiers béotiens!
Les producteurs sélectionnés toucheront très exactement 1 centime de plus par litre, soit 10 EUR les mille litres!
Donc en apportant TOUTE l'innovation et la qualité supplémentaire, ils ne récupèrent que 5% de la valeur créée, Lactalis et la Grande Distribution s'arrogeant les 95% restant, sans rien faire.
Quel miracle de voir le levier dans tous ses effets, l'aval se gaver, et nous chanter en choeur
"Prends 20, et donne moi 1"
Profite bien, et ne partage rien!
Lumineux!
Lactalis vient de démontrer qu'il pouvait aisément payer du lait "Sans OGM ET Local" 450 Eur les mille litres, au lieu des 330 Eur actuels, et s'il le faisait il pourrait rajouter "Equitable"!
Et les autres laiteries? Et pour le beurre, la crème, les yaourts, les pâtes molles, cuites, à tartiner, etc... ?
Dans une autre voie lactée, nous aussi, braves laitiers, avons aujourd'hui le bonheur teinté d'extase d'être témoin d'un phénomène au combien fugace, celui de la Formation du Prix du Lait.
Lactalis lance "L'Appel des Prés"!
http://www.fhcom.net/uploads/pressactu/1507192881-dplactelappel.pdf
Un lait sans OGM, avec 200 j de pâturages et plein d'autres bonnes petites contraintes pour l'éleveur.
A noter qu'il est demi écrémé, et que son prix est de 1.15 EUR le litre.
Hors le Lactel 1/2 écrémé classique de Lactalis est vendu environ 0.90 et 1 eur le litre.
Soit de 15 à 25 cts de différence!
A noter que les qualités supplémentaires annoncées du lait "Appel des Prés" proviennent exclusivement du producteur.
Magnifique, nous sommes témoin d'une réelle création de Valeur Ajoutée!
Naïfs que vous êtes, mes petits laitiers béotiens!
Les producteurs sélectionnés toucheront très exactement 1 centime de plus par litre, soit 10 EUR les mille litres!
Donc en apportant TOUTE l'innovation et la qualité supplémentaire, ils ne récupèrent que 5% de la valeur créée, Lactalis et la Grande Distribution s'arrogeant les 95% restant, sans rien faire.
Quel miracle de voir le levier dans tous ses effets, l'aval se gaver, et nous chanter en choeur
"Prends 20, et donne moi 1"
Profite bien, et ne partage rien!
Lumineux!
Lactalis vient de démontrer qu'il pouvait aisément payer du lait "Sans OGM ET Local" 450 Eur les mille litres, au lieu des 330 Eur actuels, et s'il le faisait il pourrait rajouter "Equitable"!
Et les autres laiteries? Et pour le beurre, la crème, les yaourts, les pâtes molles, cuites, à tartiner, etc... ?
dimanche 15 octobre 2017
Le buffet présidentiel de Rungis: On se sert?
Le discours que le Président Macron a servi au monde agricole à Rungis est riche de promesses, de belle présentation, voulant sans doute plaire à tous les palais.
Au risque de faire tourner de l’œil les moins préparés à un tel festin, ou de rendre les pessimistes soupçonneux de la fraîcheur des mets.
Une certitude: si les agriculteurs ne se mettent pas à table, et avec entrain, ils resteront une nouvelle fois, paradoxe pour des producteurs de nourriture, le ventre vide.
Bien des observateurs dénoncent déjà les mesures annoncées comme vaines, contradictoires, de pure forme. Mais ils semblent tenir pour acquis que les agriculteurs resteront cantonnés dans leur position de faiblesse, irrémédiablement.
Alors attaquons sans attendre par le plat de résistance.
"Nous modifierons la loi pour inverser cette construction du prix qui doit pouvoir partir des coûts de production"
Il est évident que cette loi n'a d'intérêt que si elle résulte dans une réelle et suffisante hausse des prix. Il ne doit pas seulement s'agir d'une référence indicielle dans une formule à nos coûts de production.
Nos prix de vente doivent permettre de rémunérer notre travail en tout temps.
Au corps législatif d'y veiller.
A nos organisations de rédiger nos contrats de vente.
"Nous devons avoir des résultats probants avec de véritables organisations de producteurs commerciales pour le lait, par exemple."
C'est la proposition phare du président permettant de renforcer les organisations de producteurs, de leur donner les outils pour leur garantir de tenir leur place dans la filière, les interprofessions: leur redonner enfin la maîtrise de l'acte de vente, de la gestion des volumes.
Aux producteurs de vendre leur lait, aux transformateurs de le transformer en produits laitiers, aux circuits de distribution de les vendre aux consommateurs.
Chaque maillon doit conserver sa juste part de la valeur de cette chaîne, doit être en mesure de le faire lors des négociations.
"Je suis favorable au relèvement du seuil de revente à perte économique pour les produits alimentaires et à l’encadrement des promotions afin que le juste revenu aux producteurs soit garanti".
Cette mesure est décriée comme vaine par certains qui pensent que les transformateurs conserveront ces gains sans les redistribuer aux producteurs.
C'est bien le coeur du problème de la construction du prix, SRP ou non. Quelle part revient aux producteurs? Quelle vérité quand on leur rétorque: "On ne peut vous payer plus cher, c'est ainsi".
Des organisations de producteurs commerciales fortes, mieux informés et mieux formées seront à même de chercher la juste valeur, de la négocier, de l'exiger.
Et ce relèvement du SRP, qui bénéficiera aux coopératives de transformation bien entendu, devra mécaniquement être reversé aux producteurs, soit via un prix plus élevés, soit via les ristournes permises par les résultats économiques améliorés des coopératives.
"Si nous sommes responsables collectivement, vous avez votre part de responsabilité derrière la réforme que le gouvernement est prêt à porter"
Nous, agriculteurs, ne pouvons plus nous abandonner à la résignation, l'aveuglement au travail. Nous avons le droit d'être sévères envers ceux qui captent la valeur de notre travail, mais nous n'avons plus le temps de nous y complaire.
Nous avons donc le devoir de nous organiser, de rédiger attentivement nos contrats de vente, de définir nos prix de vente, de nous informer au mieux, grâce à la transparence imposée à nos acheteurs, d'imposer nos conditions autant que l'Autorité de la concurrence nous le fera savoir avec pédagogie.
En parallèle les coopératives ont désormais le devoir de partir du coût de production des coopérateurs, qui leur ont délégué, par statut, le pouvoir de vente de leur production, pour déterminer le prix d'achat des matières premières.
Elles ont le devoir de généraliser l'aspect équitable, juste, pérenne dans leur choix de transformation et de commercialisation.
Elles ont un devoir réaffirmé de transparence et de démocratie dans leur gouvernance, d'avoir toujours comme premier objectif la meilleure valorisation possible de la production des coopérateurs.
Rappelons que les coopératives collectent et transforment presque la moitié du lait en France.
Nous avons le choix de la résignation, puis du silence, ou de l'organisation en saisissant et prenant au mot les promesses présidentielles faites à Rungis.
A nous de montrer notre détermination pour l'avenir, au Président et à son gouvernement de nous fournir le cadre législatif et les outils de négociation promis.
Au risque de faire tourner de l’œil les moins préparés à un tel festin, ou de rendre les pessimistes soupçonneux de la fraîcheur des mets.
Une certitude: si les agriculteurs ne se mettent pas à table, et avec entrain, ils resteront une nouvelle fois, paradoxe pour des producteurs de nourriture, le ventre vide.
Bien des observateurs dénoncent déjà les mesures annoncées comme vaines, contradictoires, de pure forme. Mais ils semblent tenir pour acquis que les agriculteurs resteront cantonnés dans leur position de faiblesse, irrémédiablement.
Alors attaquons sans attendre par le plat de résistance.
"Nous modifierons la loi pour inverser cette construction du prix qui doit pouvoir partir des coûts de production"
Il est évident que cette loi n'a d'intérêt que si elle résulte dans une réelle et suffisante hausse des prix. Il ne doit pas seulement s'agir d'une référence indicielle dans une formule à nos coûts de production.
Nos prix de vente doivent permettre de rémunérer notre travail en tout temps.
Au corps législatif d'y veiller.
A nos organisations de rédiger nos contrats de vente.
"Nous devons avoir des résultats probants avec de véritables organisations de producteurs commerciales pour le lait, par exemple."
C'est la proposition phare du président permettant de renforcer les organisations de producteurs, de leur donner les outils pour leur garantir de tenir leur place dans la filière, les interprofessions: leur redonner enfin la maîtrise de l'acte de vente, de la gestion des volumes.
Aux producteurs de vendre leur lait, aux transformateurs de le transformer en produits laitiers, aux circuits de distribution de les vendre aux consommateurs.
Chaque maillon doit conserver sa juste part de la valeur de cette chaîne, doit être en mesure de le faire lors des négociations.
"Je suis favorable au relèvement du seuil de revente à perte économique pour les produits alimentaires et à l’encadrement des promotions afin que le juste revenu aux producteurs soit garanti".
Cette mesure est décriée comme vaine par certains qui pensent que les transformateurs conserveront ces gains sans les redistribuer aux producteurs.
C'est bien le coeur du problème de la construction du prix, SRP ou non. Quelle part revient aux producteurs? Quelle vérité quand on leur rétorque: "On ne peut vous payer plus cher, c'est ainsi".
Des organisations de producteurs commerciales fortes, mieux informés et mieux formées seront à même de chercher la juste valeur, de la négocier, de l'exiger.
Et ce relèvement du SRP, qui bénéficiera aux coopératives de transformation bien entendu, devra mécaniquement être reversé aux producteurs, soit via un prix plus élevés, soit via les ristournes permises par les résultats économiques améliorés des coopératives.
"Si nous sommes responsables collectivement, vous avez votre part de responsabilité derrière la réforme que le gouvernement est prêt à porter"
Nous, agriculteurs, ne pouvons plus nous abandonner à la résignation, l'aveuglement au travail. Nous avons le droit d'être sévères envers ceux qui captent la valeur de notre travail, mais nous n'avons plus le temps de nous y complaire.
Nous avons donc le devoir de nous organiser, de rédiger attentivement nos contrats de vente, de définir nos prix de vente, de nous informer au mieux, grâce à la transparence imposée à nos acheteurs, d'imposer nos conditions autant que l'Autorité de la concurrence nous le fera savoir avec pédagogie.
En parallèle les coopératives ont désormais le devoir de partir du coût de production des coopérateurs, qui leur ont délégué, par statut, le pouvoir de vente de leur production, pour déterminer le prix d'achat des matières premières.
Elles ont le devoir de généraliser l'aspect équitable, juste, pérenne dans leur choix de transformation et de commercialisation.
Elles ont un devoir réaffirmé de transparence et de démocratie dans leur gouvernance, d'avoir toujours comme premier objectif la meilleure valorisation possible de la production des coopérateurs.
Rappelons que les coopératives collectent et transforment presque la moitié du lait en France.
Nous avons le choix de la résignation, puis du silence, ou de l'organisation en saisissant et prenant au mot les promesses présidentielles faites à Rungis.
A nous de montrer notre détermination pour l'avenir, au Président et à son gouvernement de nous fournir le cadre législatif et les outils de négociation promis.
vendredi 6 octobre 2017
C'est Qui Les Trompés?
A la veille de la remise des conclusions des Etats Généraux de l'Alimentation, et en particulier de celles de l'atelier 5 " Rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs ", la communication d'Audrey Bourolleau, conseillère à l'Agriculture du Président E. Macron ne laisse pas d'inquiéter!
https://twitter.com/A_Bourolleau/status/915550975850635265
L'initiative "C'est Qui Le Patron?", qui a partir d'un cahier des charges défini en collaboration avec les consommateurs, et dont les critères de production restent tout à fait raisonnables, permet de rémunérer les producteurs-livreurs à hauteur de 39 cents le litre de lait, est extrêmement intéressante. D'ailleurs toute autre démarche, comme celle de FaireFrance, donnant une place centrale au caractère équitable du lait et des produits laitiers est essentielle pour résoudre l'équation du juste prix du lait et du rapport de force très déséquilibré entre producteurs, transformateurs et grande distribution/restauration hors foyer.
La démarche "C'est Qui Le Patron?", assortie d'une communication participative judicieuse, a permis de vendre 22 millions de litres de lait en grande surface en un peu moins d'un an... Pendant ce temps, ce sont plus de 24 milliards de litres de lait qui ont été produits en France!
Comment alors se prévaloir "d'un engagement de campagne tenu" concernant le prix du lait, alors que:
* la démarche est bien antérieure à l'élection présidentielle et toute action gouvernementale
* par conséquent elle ne doit (encore) rien à l'action présidentielle
* enfin elle ne concerne que 1 millième de la production française de lait.
Ce n'est pas la rencontre, très heureuse mais au périmètre très restreint, de brillants spécialistes du marketing et de quelques dizaines de producteurs en difficulté, puis de sa récupération politique à point nommé, les #EGAlim, qui va améliorer le prix du lait et changer la donne pour les 99.9% restants parmi les producteurs de lait en France!
Le gouvernment se croit-il capable d'imposer la logique équitable, d'un coup d'un seul, à tous les transformateurs de lait et à toutes les enseignes de la grande distribution, alors même que ce qui transparaît des débats de l'atelier 5 montre à quel point il est difficile de convaincre que le prix doit être juste, que la valeur doit être mieux répartie?
Ou alors il ne s'agit que de mettre, en figure de proue, une marque se définissant comme vertueuse pour cacher la misère sur les bancs de nage de la galère qu'est devenue la filière laitière?
C'est Qui Les Trompés?
#CeuxQuiFontLeLait, mais qui n'auront pas su faire entendre leur voix, faire comprendre l'impasse économique où ils se trouvent, faire passer ce message d'équité, mais d'une seule voix, en rang serrée, tous ensemble!
dimanche 11 juin 2017
Le Vrai Prix Du Lait: Qui d'autre que nos coops?
Au moment où les trésoreries de nos exploitations laitières sont absolument exsangues après 30 mois de prix très bas.
Au moment où le beurre et la crème manquent en France, où leur prix atteint des sommets lors des cotations de marché.
Au moment où le prix du lait chez nombre de nos voisins européens, en Nouvelle Zélande ou plus encore aux États Unis dépassent largement les prix du lait en France.
Au moment où les attentes sociétales, s'exprimant de manières plus ou moins constructives, nous imposent de produire toujours mieux, toujours plus verts, toujours plus "aux normes".
Au moment où les consommateurs, de nombreuses démarches équitables sur le segment du lait de consommation le démontrent, plus que jamais réclament que le prix payé au producteur soit juste, leur permette de vivre dignement, d'envisager l'avenir avec dynamisme.
Au moment où tous les observateurs dénoncent la répartition actuelle de la valeur ajoutée, inéquitable pour les producteurs, à la veille des États Généraux de l'Alimentation.
Qui d'autres que nos coops, les grandes coopératives laitières françaises qui représentent plus de 55% de la collecte française de lait, pour donner toute son ampleur à la définition d'un juste prix pour les producteurs?
Qui d'autres que nos coops pour ouvrir la voie, saisir le moment, et apporter la première pierre à la construction du vrai prix du lait de demain?
Qui d'autres que nos coops pour faire preuve d'audace face au système du prix le plus bas, à la surenchère de promotions qui ne peuvent être durables, pour sortir de cette spirale infernale mettant notre profession en danger de disparition?
Qui d'autres que nos coops pour imposer une hausse immédiate du prix du lait de 10%, soit 3 à 4 centimes du litre, minimum vital pour que la majorité d'entre nous reprenne espoir, que notre travail soit équitablement rémunéré?
Qui d'autres que nos coops pour enfin décider de ne plus attendre d'éventuelles hausses de tarifs auprès de la grande distribution pour augmenter le prix du lait, mais de payer le vrai prix du lait pour mieux vendre nos produits finis auprès de consommateurs qui l'attendent?
Nous sommes fiers d'être coopérateurs, que les coopératives nous rendent fiers d'elles!
Au moment où le beurre et la crème manquent en France, où leur prix atteint des sommets lors des cotations de marché.
Au moment où le prix du lait chez nombre de nos voisins européens, en Nouvelle Zélande ou plus encore aux États Unis dépassent largement les prix du lait en France.
Au moment où les attentes sociétales, s'exprimant de manières plus ou moins constructives, nous imposent de produire toujours mieux, toujours plus verts, toujours plus "aux normes".
Au moment où les consommateurs, de nombreuses démarches équitables sur le segment du lait de consommation le démontrent, plus que jamais réclament que le prix payé au producteur soit juste, leur permette de vivre dignement, d'envisager l'avenir avec dynamisme.
Au moment où tous les observateurs dénoncent la répartition actuelle de la valeur ajoutée, inéquitable pour les producteurs, à la veille des États Généraux de l'Alimentation.
Qui d'autres que nos coops, les grandes coopératives laitières françaises qui représentent plus de 55% de la collecte française de lait, pour donner toute son ampleur à la définition d'un juste prix pour les producteurs?
Qui d'autres que nos coops pour ouvrir la voie, saisir le moment, et apporter la première pierre à la construction du vrai prix du lait de demain?
Qui d'autres que nos coops pour faire preuve d'audace face au système du prix le plus bas, à la surenchère de promotions qui ne peuvent être durables, pour sortir de cette spirale infernale mettant notre profession en danger de disparition?
Qui d'autres que nos coops pour imposer une hausse immédiate du prix du lait de 10%, soit 3 à 4 centimes du litre, minimum vital pour que la majorité d'entre nous reprenne espoir, que notre travail soit équitablement rémunéré?
Qui d'autres que nos coops pour enfin décider de ne plus attendre d'éventuelles hausses de tarifs auprès de la grande distribution pour augmenter le prix du lait, mais de payer le vrai prix du lait pour mieux vendre nos produits finis auprès de consommateurs qui l'attendent?
Nous sommes fiers d'être coopérateurs, que les coopératives nous rendent fiers d'elles!
vendredi 3 février 2017
Tendance haussière du prix du Lait en N-Z depuis 2007
Le cas de la filière laitière en Nouvelle Zélande est particulier et intéressant au moins à ces titres:
1. 95% de la collecte et de la transformation de lait est accaparée par Fonterra.
2. Fonterra est une coopérative contrôlée par les producteurs de lait collectés.
3. L'immense majorité du lait transformé est exporté, notamment sur les marchés asiatiques.
4. Cette coopérative pratique des ristournes importantes afin de redistribuer les bénéfices engrangés vers les producteurs.
On peut donc parler d'une coopérative "totale" dont l'activité est concentrée sur un segment de marché particulier, les produits dits "industriels" destinés à l'export.
Ceci permet de mieux isoler les facteurs d'évolution du prix du lait "sortie de ferme" payé par Fonterra en le comparant aussi mieux à l'évolution des prix des produits transformés obtenus par Fonterra.
Graphique 1.
On remarque sur ce graphique que:
1. Le tendance de l'évolution du prix du lait en Europe sur ces 16 années est en moyenne stable, avec plus de volatilité après 2007.
2. La tendance des prix US, toujours volatile, est en hausse relative depuis 2007.
3. Enfin, le prix Néo Zélandais, extrêmement volatile, est en forte hausse depuis 2001, et conserve une tendance haussière sur le long terme depuis 2007.
Graphique 2.
On voit sur ce graphique montrant l'évolution du Global Dairy Trade Price Index (Soit la synhèse des résultats des enchères Fonterra sur tous ses produits transformés est stable, voire légèrement baissière depuis 2007, avec là aussi une forte volatilité.
Comment donc expliquer que Fonterra, dont le prix des produits finis reste stable, voire baissent, depuis 2007, parvient à payer un prix du lait lui en tendance haussière depuis 2007?
Et comment se fait-il que le prix payé aux producteurs français reste lui stable sur cette longue période, alors même que la filière laitière française, elle aussi présente sur le marché export des produits industriels, transforme des produits à haute valeur ajoutée?
Cette différence d'évolution des prix "sortie de ferme" entre la Nouvelle Zélande et l'Europe ne révèle-t-elle pas une répartition de la valeur créée par la filière bien différente? Ou peut-on l'expliquer, en partie (sans doute) ou en totalité par d'autres facteurs?
1. 95% de la collecte et de la transformation de lait est accaparée par Fonterra.
2. Fonterra est une coopérative contrôlée par les producteurs de lait collectés.
3. L'immense majorité du lait transformé est exporté, notamment sur les marchés asiatiques.
4. Cette coopérative pratique des ristournes importantes afin de redistribuer les bénéfices engrangés vers les producteurs.
On peut donc parler d'une coopérative "totale" dont l'activité est concentrée sur un segment de marché particulier, les produits dits "industriels" destinés à l'export.
Ceci permet de mieux isoler les facteurs d'évolution du prix du lait "sortie de ferme" payé par Fonterra en le comparant aussi mieux à l'évolution des prix des produits transformés obtenus par Fonterra.
Graphique 1.
On remarque sur ce graphique que:
1. Le tendance de l'évolution du prix du lait en Europe sur ces 16 années est en moyenne stable, avec plus de volatilité après 2007.
2. La tendance des prix US, toujours volatile, est en hausse relative depuis 2007.
3. Enfin, le prix Néo Zélandais, extrêmement volatile, est en forte hausse depuis 2001, et conserve une tendance haussière sur le long terme depuis 2007.
Graphique 2.
On voit sur ce graphique montrant l'évolution du Global Dairy Trade Price Index (Soit la synhèse des résultats des enchères Fonterra sur tous ses produits transformés est stable, voire légèrement baissière depuis 2007, avec là aussi une forte volatilité.
Comment donc expliquer que Fonterra, dont le prix des produits finis reste stable, voire baissent, depuis 2007, parvient à payer un prix du lait lui en tendance haussière depuis 2007?
Et comment se fait-il que le prix payé aux producteurs français reste lui stable sur cette longue période, alors même que la filière laitière française, elle aussi présente sur le marché export des produits industriels, transforme des produits à haute valeur ajoutée?
Cette différence d'évolution des prix "sortie de ferme" entre la Nouvelle Zélande et l'Europe ne révèle-t-elle pas une répartition de la valeur créée par la filière bien différente? Ou peut-on l'expliquer, en partie (sans doute) ou en totalité par d'autres facteurs?
dimanche 29 janvier 2017
Du Lait Des Terroirs Au Lait Des Terreurs
L'élevage a toujours été soumis aux contraintes du climat, à la dureté ou la générosité de la terre, aux maladies des animaux et des plantes. L'adaptation à ces difficultés a permis au paysage laitier français de développer une richesse de terroirs et de produits exceptionnels.
Plus récemment, à la crainte de ces impondérables venus du ciel et de la terre, sont venues s'ajouter des normes environnementales et liées au bien-être animal toujours plus complexes et parfois contradictoire. Puis la peur du contrôle administratif inopiné a été suivie par l'anxiété de voir sa production dénigrée, attaquée et même illégitimée par certaines associations.
Enfin, la fin des quotas laitiers et l'instauration de contrats entre producteurs et laiteries est venue bouleverser notre accès au marché du lait. Aujourd'hui, la lettre envoyée par Lactalis à certains des producteurs ayant témoigné dans le cadre de l'émission Envoyé Spécial matérialise une nouvelle angoisse: celle de ne plus pouvoir vendre sa production suite à une décision unilatérale de l'acheteur.
Cette lettre a suscité une grande indignation, aussi bien auprès des éleveurs que des consommateurs, mais le climat de terreur qu'elle instaure ne peut être compris qu'en la contextualisant.
Après 2010, et avant la fin des quotas, nous sommes passés d'une fixation des prix interprofessionnelle (représentants des producteurs et des transformateurs coopératifs et privés) à une fixation des prix par formule (comprenant des indicateurs de marché choisis de manière plus que discutable). En effet les autorités de la libre concurrence ont imposé la fin d'un système d'entente (mais qui garantissait négociation et équilibre entre les parties). Au final, le prix issu de ces formules était de fait imposé par les transformateurs aux producteurs, avec ajustement possible, à leur seule convenance.
Puis l'État a imposé la signature de contrat entre laiteries et producteurs, pensant sécuriser l'acte de production laitière. Ces contrats ont malheureusement repris la formule de détermination de prix (qui donne une part prépondérante aux produits dits industriel et ne reflète pas l'importance du marché intérieur français), tout en liant les parties pour 5 ans et en permettant d'inclure certaines clauses supplémentaires, dont celle de ne pas porter atteinte à l'image de son acheteur de lait (et non son employeur, terme utilisé par Lactalis).
Pourquoi avoir signé ce contrat qui privait le producteur de tant de liberté? Par peur, justifiée, de ne pas trouver de nouvelle laiterie: le nombre d'acheteur de lait a beaucoup diminué ces dernières décennies, par un processus de rachat et de fusion, et dans certains bassins de production, il n'existe plus qu'un nombre d'acheteurs très restreint.
Pourquoi, si l'on n'est pas satisfait des conditions de ce contrat, ne pas le déchirer? Tout simplement pour les mêmes raisons, accentuées au fil du temps, les laiteries ayant même des accords de collecte, tacites ou non.
Que faire du lait produit si son acheteur rompt le contrat? La nature périssable du lait elle-même rend tout autre débouché très difficile, voire impossible à trouver: distance de transport, impératifs de transformation. La vente directe demande investissements et recalibrage total de l'exploitation, le passage en production biologique aussi, ces deux voies n'étant de toute façon pas généralisable à la majorité des producteurs de lait.
Avec la libéralisation du marché du lait, on a dit aux oiseaux: "Le ciel est à vous" mais on a gardé la porte de la cage verrouillée, on a oublié de leur apprendre à voler tout en ayant au surplus rogné leurs ailes! Et avec les prix du lait très bas pratiqués par les laiteries depuis plus de deux ans, ce sont même pain et eau dont on prive les oiseaux!
Quoi de plus facile pour une multinationale comme Lactalis, avec ses moyens juridiques et financiers sans commune mesure avec ceux d'un producteur de lait, que d'instaurer un climat de terreur en cessant de collecter le lait de tel ou tel, connaissant pertinemment les conséquences de cette décision?
Comment dialoguer quand le droit à la parole, au témoignage (alors même que ces témoignages ont été recueilli durant une période de désaccord entre Lactalis et les producteurs au sujet, sujet de dissension d'ailleurs presque unique mais essentiel, du prix du lait) est supprimé, d'abord juridiquement, puis par la terreur qui en résulte?
Comment aboutir à des relations et un contrats équilibrés quand l'expression est supprimée, l'opinion rendue de facto délictueuse, la capacité de proposition elle-même suspecte?
Lactalis oublie que l'excellence du produit laitier qu'achète le consommateur dépend autant de la qualité du lait que du savoir-faire de sa transformation. La terreur et la suspicion, la suppression du droit d'expression sont les plus sûrs moyens de miner la qualité de la production, le dynamisme de toute une filière, l'esprit d'entreprise que l'avenir rend indispensable.
PS: Il est évident que l'esprit coopératif permettra à ces courageux producteurs de trouver une place au sein d'une coopérative, le cas échéant. C'est un devoir.
Plus récemment, à la crainte de ces impondérables venus du ciel et de la terre, sont venues s'ajouter des normes environnementales et liées au bien-être animal toujours plus complexes et parfois contradictoire. Puis la peur du contrôle administratif inopiné a été suivie par l'anxiété de voir sa production dénigrée, attaquée et même illégitimée par certaines associations.
Enfin, la fin des quotas laitiers et l'instauration de contrats entre producteurs et laiteries est venue bouleverser notre accès au marché du lait. Aujourd'hui, la lettre envoyée par Lactalis à certains des producteurs ayant témoigné dans le cadre de l'émission Envoyé Spécial matérialise une nouvelle angoisse: celle de ne plus pouvoir vendre sa production suite à une décision unilatérale de l'acheteur.
Cette lettre a suscité une grande indignation, aussi bien auprès des éleveurs que des consommateurs, mais le climat de terreur qu'elle instaure ne peut être compris qu'en la contextualisant.
Après 2010, et avant la fin des quotas, nous sommes passés d'une fixation des prix interprofessionnelle (représentants des producteurs et des transformateurs coopératifs et privés) à une fixation des prix par formule (comprenant des indicateurs de marché choisis de manière plus que discutable). En effet les autorités de la libre concurrence ont imposé la fin d'un système d'entente (mais qui garantissait négociation et équilibre entre les parties). Au final, le prix issu de ces formules était de fait imposé par les transformateurs aux producteurs, avec ajustement possible, à leur seule convenance.
Puis l'État a imposé la signature de contrat entre laiteries et producteurs, pensant sécuriser l'acte de production laitière. Ces contrats ont malheureusement repris la formule de détermination de prix (qui donne une part prépondérante aux produits dits industriel et ne reflète pas l'importance du marché intérieur français), tout en liant les parties pour 5 ans et en permettant d'inclure certaines clauses supplémentaires, dont celle de ne pas porter atteinte à l'image de son acheteur de lait (et non son employeur, terme utilisé par Lactalis).
Pourquoi avoir signé ce contrat qui privait le producteur de tant de liberté? Par peur, justifiée, de ne pas trouver de nouvelle laiterie: le nombre d'acheteur de lait a beaucoup diminué ces dernières décennies, par un processus de rachat et de fusion, et dans certains bassins de production, il n'existe plus qu'un nombre d'acheteurs très restreint.
Pourquoi, si l'on n'est pas satisfait des conditions de ce contrat, ne pas le déchirer? Tout simplement pour les mêmes raisons, accentuées au fil du temps, les laiteries ayant même des accords de collecte, tacites ou non.
Que faire du lait produit si son acheteur rompt le contrat? La nature périssable du lait elle-même rend tout autre débouché très difficile, voire impossible à trouver: distance de transport, impératifs de transformation. La vente directe demande investissements et recalibrage total de l'exploitation, le passage en production biologique aussi, ces deux voies n'étant de toute façon pas généralisable à la majorité des producteurs de lait.
Avec la libéralisation du marché du lait, on a dit aux oiseaux: "Le ciel est à vous" mais on a gardé la porte de la cage verrouillée, on a oublié de leur apprendre à voler tout en ayant au surplus rogné leurs ailes! Et avec les prix du lait très bas pratiqués par les laiteries depuis plus de deux ans, ce sont même pain et eau dont on prive les oiseaux!
Quoi de plus facile pour une multinationale comme Lactalis, avec ses moyens juridiques et financiers sans commune mesure avec ceux d'un producteur de lait, que d'instaurer un climat de terreur en cessant de collecter le lait de tel ou tel, connaissant pertinemment les conséquences de cette décision?
Comment dialoguer quand le droit à la parole, au témoignage (alors même que ces témoignages ont été recueilli durant une période de désaccord entre Lactalis et les producteurs au sujet, sujet de dissension d'ailleurs presque unique mais essentiel, du prix du lait) est supprimé, d'abord juridiquement, puis par la terreur qui en résulte?
Comment aboutir à des relations et un contrats équilibrés quand l'expression est supprimée, l'opinion rendue de facto délictueuse, la capacité de proposition elle-même suspecte?
Lactalis oublie que l'excellence du produit laitier qu'achète le consommateur dépend autant de la qualité du lait que du savoir-faire de sa transformation. La terreur et la suspicion, la suppression du droit d'expression sont les plus sûrs moyens de miner la qualité de la production, le dynamisme de toute une filière, l'esprit d'entreprise que l'avenir rend indispensable.
PS: Il est évident que l'esprit coopératif permettra à ces courageux producteurs de trouver une place au sein d'une coopérative, le cas échéant. C'est un devoir.
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