mercredi 29 juin 2016
Brexit
Brexit: les banques de la City annoncent des transferts d'activités vers les autres places européennes.
jeudi 2 juin 2016
Régulation agile, suite!
Insistons, Rabâchons
Produit-on plus de voiture pour la seule raison qu'il y a plus de pièces détachées? Non, les voitures sont produites car les fabricants automobiles pensent identifier des marchés, ce qui n'empêchent pas forcément les crises dans ce secteur.
Mais produire et stocker de la poudre, du beurre et des fromages industriels uniquement parce que le lait est produit est une absurdité dont on constate la réalité depuis plus d'un an à présent.
Ceci est possible et même inévitable car une multitude de producteurs sans organisation cohérente et d'ampleur, produisent à l'aveugle, sans information sur les débouchés. Ceci est amplifié car plus le prix du lait baisse, plus les producteurs produisent, pour tenter de couvrir leurs besoins de trésorerie. Et donc plus ce "marché d'excédents" force le prix du lait à la baisse.
Ceci a été préparé par la trop grande importance accordée aux promesses de l'export il y a encore 2, 3 ou 4 ans. Des tours de séchage ont été construites, et le sont toujours, massivement en Europe pour répondre à ce besoin fantasmé. Il faut maintenant amortir ces outils, donc absorber du lait pour le transformer en poudre, qui est ensuite vendu puis stockée sans débouché aucun à l'intervention européenne!
C'est pourquoi, pour le moment, les transformateurs n'ont pas donné de signaux forts pour limiter la production, bien que la demande soit en berne.
Des signaux en direction des producteurs inopérants
On peut être tenté de reporter la responsabilité de la surproduction sur les seules épaules des producteurs... Après tout on récolte ce que l'on sème, et comme l'a dit un personnage important, celui-même qui a en grande partie la main sur une éventuelle politique de régulation européenne, si les producteurs continuent à produire, c'est qu'ils y trouvent leur compte.
Il faut pourtant être sourd et aveugle pour ignorer les appels de détresse venant de tous les producteurs européens, les alertes sur notre situation financière de plus en plus fragile venant de nombreux observateurs.
C'est simplement que les signaux reçus par les producteurs sont à contre sens. Le prix baisse, il faut produire plus pour couvrir nos charges. Il y a trop de poudre, l'Union Européenne la stocke, la balaie sous le tapis, et les tours de séchage doivent fonctionner coûte que coûte.
Sérieusement, quel signal intelligible et cohérent est envoyé aux producteurs pour réellement les inciter à baisser leur production et ainsi résoudre ce déséquilibre du marché qui ferait remonter les prix à un niveau simplement digne, juste, équitable? Seulement des incantations, certains diraient hypocrites, contredites par les actes politiques et les stratégies industrielles.
Le marché du lait doit être régulé, par nature
Les Etats Unis ont le système des Milk Marketing Orders, qui si il ne garanti par de prix, permet d'avoir une information claire sur les données de marchés récentes, l'utilisation du lait par catégorie de produits et de s'assurer d'une certaine cohérence entre offre et demande.
L'Europe avait les quotas.
Parmi les grands producteurs mondiaux, la Nouvelle Zélande faisait office de cas particulier (avant la suppression des quotas européens) car la filière laitière ne bénéficie d'aucun soutien de l'état. Mais les producteurs néo-zélandais sont quasiment tous coopérateurs sous l'égide de Fonterra, donc en théorie maître de leur filière de bout en bout. Surtout, la production néo-zélandaise est par nature opportuniste, c'est à dire ciblée quasiment exclusivement sur les marchés à l'exportation, historiquement à destination de l'Asie-Pacifique. Le pré-requis de base pour être laitier là bas, c'est d'accepter les aléas de ce marché, qu'ils ont d'ailleurs largement créer et encadré avec leur plateforme GlobalDairyTrade.
L'Europe n'a pas ce passé. L'Europe est un immense marché de consommation intérieure. Il est absurde que l'Europe, ensupprimant toute régulation, s'impose les seules turpitudes du marché à l'exportation, sans le maîtriser d'ailleurs, et ne capitalise pas sur ses avantages. A moins que les maillons en aval de la filière laitière européenne ne veuille faire des producteurs les seules variables d'ajustement, les seuls porteurs de risque, des "taffeurs" industrieux ne réclamant pas leur juste récompense.
C'est exactement ce que l'on constate depuis plus d'un an! Et la lenteur prise pour remédier à cette situation si cruelle pourrait faire penser que ceci a été sciemment préparé, désiré.
Peut-être qu'un marché régulé déplairait aussi à certains observateurs, analystes, économistes, car trop stable, trop prévisible, peu propice aux grandes envolées commentatrices et intellectuelles. Pourquoi aussi peu d'engouement pour une solution rationnelle?
Produit-on plus de voiture pour la seule raison qu'il y a plus de pièces détachées? Non, les voitures sont produites car les fabricants automobiles pensent identifier des marchés, ce qui n'empêchent pas forcément les crises dans ce secteur.
Mais produire et stocker de la poudre, du beurre et des fromages industriels uniquement parce que le lait est produit est une absurdité dont on constate la réalité depuis plus d'un an à présent.
Ceci est possible et même inévitable car une multitude de producteurs sans organisation cohérente et d'ampleur, produisent à l'aveugle, sans information sur les débouchés. Ceci est amplifié car plus le prix du lait baisse, plus les producteurs produisent, pour tenter de couvrir leurs besoins de trésorerie. Et donc plus ce "marché d'excédents" force le prix du lait à la baisse.
Ceci a été préparé par la trop grande importance accordée aux promesses de l'export il y a encore 2, 3 ou 4 ans. Des tours de séchage ont été construites, et le sont toujours, massivement en Europe pour répondre à ce besoin fantasmé. Il faut maintenant amortir ces outils, donc absorber du lait pour le transformer en poudre, qui est ensuite vendu puis stockée sans débouché aucun à l'intervention européenne!
C'est pourquoi, pour le moment, les transformateurs n'ont pas donné de signaux forts pour limiter la production, bien que la demande soit en berne.
Des signaux en direction des producteurs inopérants
On peut être tenté de reporter la responsabilité de la surproduction sur les seules épaules des producteurs... Après tout on récolte ce que l'on sème, et comme l'a dit un personnage important, celui-même qui a en grande partie la main sur une éventuelle politique de régulation européenne, si les producteurs continuent à produire, c'est qu'ils y trouvent leur compte.
Il faut pourtant être sourd et aveugle pour ignorer les appels de détresse venant de tous les producteurs européens, les alertes sur notre situation financière de plus en plus fragile venant de nombreux observateurs.
C'est simplement que les signaux reçus par les producteurs sont à contre sens. Le prix baisse, il faut produire plus pour couvrir nos charges. Il y a trop de poudre, l'Union Européenne la stocke, la balaie sous le tapis, et les tours de séchage doivent fonctionner coûte que coûte.
Sérieusement, quel signal intelligible et cohérent est envoyé aux producteurs pour réellement les inciter à baisser leur production et ainsi résoudre ce déséquilibre du marché qui ferait remonter les prix à un niveau simplement digne, juste, équitable? Seulement des incantations, certains diraient hypocrites, contredites par les actes politiques et les stratégies industrielles.
Le marché du lait doit être régulé, par nature
Les Etats Unis ont le système des Milk Marketing Orders, qui si il ne garanti par de prix, permet d'avoir une information claire sur les données de marchés récentes, l'utilisation du lait par catégorie de produits et de s'assurer d'une certaine cohérence entre offre et demande.
L'Europe avait les quotas.
Parmi les grands producteurs mondiaux, la Nouvelle Zélande faisait office de cas particulier (avant la suppression des quotas européens) car la filière laitière ne bénéficie d'aucun soutien de l'état. Mais les producteurs néo-zélandais sont quasiment tous coopérateurs sous l'égide de Fonterra, donc en théorie maître de leur filière de bout en bout. Surtout, la production néo-zélandaise est par nature opportuniste, c'est à dire ciblée quasiment exclusivement sur les marchés à l'exportation, historiquement à destination de l'Asie-Pacifique. Le pré-requis de base pour être laitier là bas, c'est d'accepter les aléas de ce marché, qu'ils ont d'ailleurs largement créer et encadré avec leur plateforme GlobalDairyTrade.
L'Europe n'a pas ce passé. L'Europe est un immense marché de consommation intérieure. Il est absurde que l'Europe, ensupprimant toute régulation, s'impose les seules turpitudes du marché à l'exportation, sans le maîtriser d'ailleurs, et ne capitalise pas sur ses avantages. A moins que les maillons en aval de la filière laitière européenne ne veuille faire des producteurs les seules variables d'ajustement, les seuls porteurs de risque, des "taffeurs" industrieux ne réclamant pas leur juste récompense.
C'est exactement ce que l'on constate depuis plus d'un an! Et la lenteur prise pour remédier à cette situation si cruelle pourrait faire penser que ceci a été sciemment préparé, désiré.
Peut-être qu'un marché régulé déplairait aussi à certains observateurs, analystes, économistes, car trop stable, trop prévisible, peu propice aux grandes envolées commentatrices et intellectuelles. Pourquoi aussi peu d'engouement pour une solution rationnelle?
lundi 30 mai 2016
Production laitière: "The New Normal"
Un nouveau "paradigme"
Après la crise financière de 2008, Wall Street s'est entichée du terme "The New Normal" pour exprimer le fait que beaucoup de ce qui semblait improbable avant la crise était à présent ancré pour longtemps dans la réalité. Les vieux démons reviennent vite, mais la crise a suscité un effort considérable de régulation du système financier.
La fin des quotas laitiers européens, tout l'indique en juin 2016, a eu cet effet de créer "a New Normal", ou pour utiliser un terme à la mode, un nouveau "paradigme" laitier. Beaucoup, surtout ceux qui ont le pouvoir d'agir dans ce qu'ils croient encore n'être qu'une "crise" laitière, ne s'en rendent semble-t-il pas encore compte, pendant que les producteurs de lait, de plus en plus nombreux dans tous les pays, constatent que leur situation financière devient franchement inquiétante.
On se rend compte que les quotas européens régulaient de fait la production mondiale dans une large mesure, et assuraient un équilibre offre/demande considérable au niveau mondial. Une fois supprimés, il est évident que les mécanismes d'ajustement du marché laitier ne fonctionnent tout simplement pas, voire à l'inverse de ce que les experts prévoyaient, le fameux "soft landing".
Depuis un an, plus le prix baisse, plus la production augmente. La production laitière est par bien des aspects très particulières: périssabilité extrême, cycle de production long, investissements lourds, structures de production non convertissables, engagement sur le long terme pour le foncier et aussi, surtout, dans tous les pays, grande résilience des producteurs qui ne veulent tous simplement pas arrêter de traire, comme ils le font sept jours sur sept.
Et il y a fort à parier que si par chance le prix venait à augmenter un peu, du fait d'une hausse de la demande, la production laitière augmenterait très rapidement pour profiter de l'aubaine, entraînant une nouvelle baisse.
Une trop lente prise de conscience
En Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis (a priori non concernés par les quotas), mais aussi en Irlande (où la suppression de ces quotas étaient ardemment souhaitées), des observateurs commencent à reconnaître que la hausse de la production est inarrêtable, inévitable, bien supérieure à celle de la demande sur le moyen à long terme, et que le prix du lait restera aux alentours de 250 EUR la tonne durablement.
On nous prédisait de la volatilité, on découvre que le marché est plombé, et pire, dysfonctionnel. Ce marché, en fait seulement la confrontation de l'offre et la demande principalement de poudre de lait et de beurre, est désormais noyé sous les excédents, écrasé par les stocks absorbés par l'intervention européenne et donc temporairement "hors-marché". Et l'immense majorité des volumes consommés dans le monde, sous forme de lait liquide, fromage, yaourt et desserts lactés, est entraînée dans cette baisse infernale. Pour ces produits, il faut noter qu'il n'y a pas de confrontation offre/demande à la sortie de cour de ferme, mais seulement livraison et paiement soumis à la décision de l'acheteur. L'offre et la demande ne se confrontent qu'entre industriels et centrales d'achat ou restauration hors domicile, ou dans les assiettes des consommateurs. Mais le lait est déjà, toujours produit.
On nous promettait des outils de couvertures sur les marchés, ou des mécanismes d'assurance marges. En dehors du fait qu'ils sont désormais inapplicables dans ce nouvel environnement, avec ces nouveaux repères pour le prix du lait, en quoi pourraient-ils contribuer à maîtriser la production? Bien au contraire, ils déconnecteraient encore plus prix et équilibre offre/demande. Quel intérêt a un producteur a baisser sa production si sa marge est garantie en cas de baisse du prix?
Une seule solution: la régulation agile
Il faut absolument que seul le lait dont le monde a réellement besoin soit produit. Il faut travailler à identifier ces besoins en permanence, de façon dynamique, en dehors de tout hypothétique "nouveau marché" à l'export, qui n'est bien souvent qu'un mouvement de stockage momentané d'un pays acheteur. Les industriels doivent fournir toutes les informations, en transparence, permettant de définir le plus précisément possible ces besoins. Selon ces besoins exprimés, les producteurs de lait, organisés, peuvent alors livrer les quantités requises et non à l'aveugle. L'offre colle alors au plus près à la demande, un prix juste, équitable en résultant. Un prix administré! Oui, sans doute ne verrions-nous plus jamais le prix du lait monter à 450 EUR, mais aussi serions-nous certains de ne pas être condamné à un prix de 250 EUR.
Cet effort de régulation doit être fait par l'Union Européenne, mais d'autres pays pourraient y être associés, car nul doute que dans les prochains mois ce nouveau paradigme (mais incohérent par tant d'aspects) deviendra évident pour tous.
Après la crise financière de 2008, Wall Street s'est entichée du terme "The New Normal" pour exprimer le fait que beaucoup de ce qui semblait improbable avant la crise était à présent ancré pour longtemps dans la réalité. Les vieux démons reviennent vite, mais la crise a suscité un effort considérable de régulation du système financier.
La fin des quotas laitiers européens, tout l'indique en juin 2016, a eu cet effet de créer "a New Normal", ou pour utiliser un terme à la mode, un nouveau "paradigme" laitier. Beaucoup, surtout ceux qui ont le pouvoir d'agir dans ce qu'ils croient encore n'être qu'une "crise" laitière, ne s'en rendent semble-t-il pas encore compte, pendant que les producteurs de lait, de plus en plus nombreux dans tous les pays, constatent que leur situation financière devient franchement inquiétante.
On se rend compte que les quotas européens régulaient de fait la production mondiale dans une large mesure, et assuraient un équilibre offre/demande considérable au niveau mondial. Une fois supprimés, il est évident que les mécanismes d'ajustement du marché laitier ne fonctionnent tout simplement pas, voire à l'inverse de ce que les experts prévoyaient, le fameux "soft landing".
Depuis un an, plus le prix baisse, plus la production augmente. La production laitière est par bien des aspects très particulières: périssabilité extrême, cycle de production long, investissements lourds, structures de production non convertissables, engagement sur le long terme pour le foncier et aussi, surtout, dans tous les pays, grande résilience des producteurs qui ne veulent tous simplement pas arrêter de traire, comme ils le font sept jours sur sept.
Et il y a fort à parier que si par chance le prix venait à augmenter un peu, du fait d'une hausse de la demande, la production laitière augmenterait très rapidement pour profiter de l'aubaine, entraînant une nouvelle baisse.
Une trop lente prise de conscience
En Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis (a priori non concernés par les quotas), mais aussi en Irlande (où la suppression de ces quotas étaient ardemment souhaitées), des observateurs commencent à reconnaître que la hausse de la production est inarrêtable, inévitable, bien supérieure à celle de la demande sur le moyen à long terme, et que le prix du lait restera aux alentours de 250 EUR la tonne durablement.
On nous prédisait de la volatilité, on découvre que le marché est plombé, et pire, dysfonctionnel. Ce marché, en fait seulement la confrontation de l'offre et la demande principalement de poudre de lait et de beurre, est désormais noyé sous les excédents, écrasé par les stocks absorbés par l'intervention européenne et donc temporairement "hors-marché". Et l'immense majorité des volumes consommés dans le monde, sous forme de lait liquide, fromage, yaourt et desserts lactés, est entraînée dans cette baisse infernale. Pour ces produits, il faut noter qu'il n'y a pas de confrontation offre/demande à la sortie de cour de ferme, mais seulement livraison et paiement soumis à la décision de l'acheteur. L'offre et la demande ne se confrontent qu'entre industriels et centrales d'achat ou restauration hors domicile, ou dans les assiettes des consommateurs. Mais le lait est déjà, toujours produit.
On nous promettait des outils de couvertures sur les marchés, ou des mécanismes d'assurance marges. En dehors du fait qu'ils sont désormais inapplicables dans ce nouvel environnement, avec ces nouveaux repères pour le prix du lait, en quoi pourraient-ils contribuer à maîtriser la production? Bien au contraire, ils déconnecteraient encore plus prix et équilibre offre/demande. Quel intérêt a un producteur a baisser sa production si sa marge est garantie en cas de baisse du prix?
Une seule solution: la régulation agile
Il faut absolument que seul le lait dont le monde a réellement besoin soit produit. Il faut travailler à identifier ces besoins en permanence, de façon dynamique, en dehors de tout hypothétique "nouveau marché" à l'export, qui n'est bien souvent qu'un mouvement de stockage momentané d'un pays acheteur. Les industriels doivent fournir toutes les informations, en transparence, permettant de définir le plus précisément possible ces besoins. Selon ces besoins exprimés, les producteurs de lait, organisés, peuvent alors livrer les quantités requises et non à l'aveugle. L'offre colle alors au plus près à la demande, un prix juste, équitable en résultant. Un prix administré! Oui, sans doute ne verrions-nous plus jamais le prix du lait monter à 450 EUR, mais aussi serions-nous certains de ne pas être condamné à un prix de 250 EUR.
Cet effort de régulation doit être fait par l'Union Européenne, mais d'autres pays pourraient y être associés, car nul doute que dans les prochains mois ce nouveau paradigme (mais incohérent par tant d'aspects) deviendra évident pour tous.
mercredi 27 avril 2016
La Saga des Pactoliers 1
6 avril 2XX6
Une interview du porte parole de Pactolis (le pater et capita préférant se consacrer discrètement à la réussite de son groupe) a paru dans le bulletin de la filière Parole au pactole:
"Nous nous trouvons dans la localité-siège du groupe Pactolis (union de 2 bourgs paisibles, L'Avhâl et Riendotr, séparés par la majestueuse rivière Toue) pour partager l'analyse de son porte parole, M. Jack Potte, sur la situation actuelle de la filière pactole.
M. Potte, il se dit que les résultats du groupe seront mirifiques cette année, pourtant les producteurs de pactole sont dans une situation plus que délicate.
Il ne faut pas oublier que le but ultime de la filière est d'offrir au consommateur un produit sûr et au prix le plus bas. Il est sain que les maillons transformation et distribution soient solides! Il n'y a d'ailleurs aucune honte à être une variable d'ajustement dans la chaîne de production et de distribution des produits pactoliers, les producteurs peuvent être fiers de leur noble rôle.
Mais quelles sont les mesures que vous prenez pour alléger leurs difficultés?
Le principal danger pour la filière, c'est la volatilité. Nous avons donc impos... je veux dire proposé un contrat à nos producteurs afin de leur garantir une baisse régulière des prix et une collecte certaine des volumes produits, et ce durablement. D'autre part des à-valoir-à-venir-et-revenir garantis sous conditions sont régulièrement versés afin d'irriguer leurs trésoreries. Enfin nous sommes aux côtés de nos producteurs afin des les aider à s'organiser, par exemple nous les guidons dans le choix de leurs représentants, et nous avons des contacts incest... je veux dire incessants avec ces organisations. Mais n'oublions pas que trop de négociation tue la négociation. En tout état de cause nous restons à l'écoute de nos producteurs devant les tribunaux en cas de désaccord. Enfin nos producteurs bénéficient de l'aide claire, diligente, simplifiée et importante des services publiques.
Que pouvez vous nous dire de la situation de vos concurrents?
Il est vrai que les groupes sociétaires sont dans une passe délicate, le marché sur lequel ils ont massivement investi, la poudre de pactole, est très tendu. Mais nous sommes persuadés que leur abnégation stratégique leur permettra d'atteindre la taille critique souhaitée. Heureusement pour eux, les sociétaires n'ont pas leur mot à dire sur le prix payé. Nous nous laissons évidemment la possibilité de faire des acquisitions judicieuses si le marché change de tendance.
En conclusion, quel message souhaiteź vous adresser à vos livreurs de pactole?
Je veux leur dire que la situation actuelle est une chance pour leurs exploitations, une opportunité formidable de gagner en compétitivité, de les moderniser, et pour eux aussi, de gagner des Parts de Marché, ce dont tout Chef d'Entreprise rêve la nuit. Mais qu'ils dorment tranquilles, ils doivent être certains que nous collecterons leur pactole à des prix stablement baissier, et nous faisons tout pour les protéger de ce mal terrible, la volatilité.
Propos recueillis à l'Avhâl-et-Riendotr-sur-Toue le 01/04/16.
NDLR: certains passages de cette interview ont été édités à la demande de M. Potte car pouvant choquer les producteurs de pactole les plus jeunes ou les moins naïfs, et par considération pour leur famille.
13 avril 2XX6
Le groupe sociétaire PasUnÏota, pourtant au bord du goufre suite aux pressions commerciales de la Gms, si l'on en croit son président-et-plus-si-possible suite à ses déclarations des derniers mois, offre pourant une prime de 12 eur sur les livraisons de pactole de cette année (bien lire les lignes écrites en tout petit cependant: obligatoirement tout reverser au groupe en achats divers et avariés, bien distinguer les prix A et A-en-B et B, ne pas trop livrer mais assez quand meme, régularisable le dernier jour de la campagne).
Joli sacrifice!
15 avril 2XX6
Info rapide!
Rumeur glanée ici ou là, mais il y a eu des échanges d'huiles administratives récemment entre les 2 groupes sociétaires.
Le gros groupe sociétaire batave Bouklett-Pactolina souhaiterait fusionner avec le non moins gros groupe gaulois Pacmanaladaal (ndlr:référence au ptit bonhomme ludo-vidéo qui bouffe tout les bonbons qu'il voit, et souvent des pilules empoisonnées).
Pourtant le batave s'évertue à coup de prime à encourager ses livreurs à moins livrer, et le gaulois accepte tous les débouchés possibles sans trop de discernement. Trop de pactole mais pas encore assez pour des prix toujours plus bas!
Stratégie admirable qui laisse coi une fois assimilée (sans pour autant être comprise). Il est certain que l'on s'approche de cette fameuse Taille Critique, Saint Graal-but-en-soi des groupes sociétaires, et PasUnÏota enrage, tous les livreurs de pactole aussi!
17 avril 2XX6
Breaking News!
Des producteurs de Pactole ultra marins annoncent qu'ils peuvent désormais produire pourpresque rien le précieux liquide.
Le président de la Fnip Modeste Picto-Pacto déclare aussitôt:
"Nous saluons cette grande avancée en nous engageant à payer le pactole à nos livreurs un peu moins que rien pour les trimestres à venir, et ceci afin de les conforter dans leur démarche de compétitivité et de modernisation."
Parole au Pactole ira bien sûr prochainement à la rencontre de producteurs-disciples proches de vous dotés de cette ouverture d'esprit permettant une telle révolution de la filière.
20 avril 2XX6
À quel point les puissants peuvent-ils être méchants?
Explorons la question avec Phil Pactan, Très Haut Commissaire Pour l'Industrie Agro-Alimentaire et Contre l'Agriculture
- M. Pactan, quelles sont les mesures prises pour contrer la crise du pactole?
- Nous avons réagi aussi vite et aussi fortement que possible face aux difficultés (toute relatives cependant) des pactoliers en s'assurant d'abord de la solidité des transformateurs. Nous avons donc décidé de créer ex nihilo un nouveau débouché illimité pour la poudre de pactole grâce auStockage! (Applaudissements frénétiques et très soulagés des représentants de PasUnÏota et Pacmanaladaal).
-Mais cette solution n'est pas nouvelle, les quotas ont justement été instaurés pour limiter son utilisation abusive et délétère à moyen et long terme...
- Haaaaaaaaa, "quota", quel vilain mot, quel affreux concept! Et pourquoi pas "Régulation" tant que vous y êtes! Non, le monde que nous souhaitons est celui de la libre entreprise, du libre échange, de la beauté du mouvement de toutes ces petites marchandises et mignons transferts de fonds sans entrave aucune, de ce merveilleux ballet symbole de la réussite! Le pactole y a bien sûr toute sa place.
-Mais les pactoliers sont loin d'être convain...
-Mais enfin, ils ne sont pas si malheureux puisqu'ils produisent du pactole à en faire péter leur tank! "Life is fun!" Ils doivent arrêter de pleurnicher et crôôquer la vie à pleine dent (et leurs voisins en même temps si possible)! Trouver des solutions modernes, comme le travail à l'extérieur, investir massivement dans les bioénergies, surfer sur les bulles foncières ou ouvrir une ligne de crédit revolving non remboursable! Ne pas se satisfaire du petit statut de pactolier. "Life is fun (for winners)!". Innover, s'Adapter, Réussir, même si on doit sacrifier tout le reste!
-Vous ne mettrez donc aucune mesure supplémentaire en place?
-Non, aucune. Les producteurs de pactole peuvent désormais se regrouper autant qu'ils le souhaitent et essayer (bonne chance) de signer des contrats équitables maintenant que les volumes ont explosés et que les prix sont enfin très bas, se féliciter qu'on ai vaincu la volatilité! Allez, halte au pessimisme, "Life is fun", que les meilleurs gagnent et que les autres les y aident! Quel jeu passionnant!
Ndlr: certaines expressions intraduisibles ou particulièrement libéralo-folklorique ont été conservées dans leur version originale.
24 avril 2XX6
Surprenant, interloquant, loufoque phénomène dans les campagnes observés récemment. Des pactoliers stratoptimistes implorant à genoux Pactolis de les payer encore un peu moins que rien, juste pour le plaisir et la gloire de participer à ce phénoménal succès économique!
Jouissance maso-libérale!
Une interview du porte parole de Pactolis (le pater et capita préférant se consacrer discrètement à la réussite de son groupe) a paru dans le bulletin de la filière Parole au pactole:
"Nous nous trouvons dans la localité-siège du groupe Pactolis (union de 2 bourgs paisibles, L'Avhâl et Riendotr, séparés par la majestueuse rivière Toue) pour partager l'analyse de son porte parole, M. Jack Potte, sur la situation actuelle de la filière pactole.
M. Potte, il se dit que les résultats du groupe seront mirifiques cette année, pourtant les producteurs de pactole sont dans une situation plus que délicate.
Il ne faut pas oublier que le but ultime de la filière est d'offrir au consommateur un produit sûr et au prix le plus bas. Il est sain que les maillons transformation et distribution soient solides! Il n'y a d'ailleurs aucune honte à être une variable d'ajustement dans la chaîne de production et de distribution des produits pactoliers, les producteurs peuvent être fiers de leur noble rôle.
Mais quelles sont les mesures que vous prenez pour alléger leurs difficultés?
Le principal danger pour la filière, c'est la volatilité. Nous avons donc impos... je veux dire proposé un contrat à nos producteurs afin de leur garantir une baisse régulière des prix et une collecte certaine des volumes produits, et ce durablement. D'autre part des à-valoir-à-venir-et-revenir garantis sous conditions sont régulièrement versés afin d'irriguer leurs trésoreries. Enfin nous sommes aux côtés de nos producteurs afin des les aider à s'organiser, par exemple nous les guidons dans le choix de leurs représentants, et nous avons des contacts incest... je veux dire incessants avec ces organisations. Mais n'oublions pas que trop de négociation tue la négociation. En tout état de cause nous restons à l'écoute de nos producteurs devant les tribunaux en cas de désaccord. Enfin nos producteurs bénéficient de l'aide claire, diligente, simplifiée et importante des services publiques.
Que pouvez vous nous dire de la situation de vos concurrents?
Il est vrai que les groupes sociétaires sont dans une passe délicate, le marché sur lequel ils ont massivement investi, la poudre de pactole, est très tendu. Mais nous sommes persuadés que leur abnégation stratégique leur permettra d'atteindre la taille critique souhaitée. Heureusement pour eux, les sociétaires n'ont pas leur mot à dire sur le prix payé. Nous nous laissons évidemment la possibilité de faire des acquisitions judicieuses si le marché change de tendance.
En conclusion, quel message souhaiteź vous adresser à vos livreurs de pactole?
Je veux leur dire que la situation actuelle est une chance pour leurs exploitations, une opportunité formidable de gagner en compétitivité, de les moderniser, et pour eux aussi, de gagner des Parts de Marché, ce dont tout Chef d'Entreprise rêve la nuit. Mais qu'ils dorment tranquilles, ils doivent être certains que nous collecterons leur pactole à des prix stablement baissier, et nous faisons tout pour les protéger de ce mal terrible, la volatilité.
Propos recueillis à l'Avhâl-et-Riendotr-sur-Toue le 01/04/16.
NDLR: certains passages de cette interview ont été édités à la demande de M. Potte car pouvant choquer les producteurs de pactole les plus jeunes ou les moins naïfs, et par considération pour leur famille.
13 avril 2XX6
Le groupe sociétaire PasUnÏota, pourtant au bord du goufre suite aux pressions commerciales de la Gms, si l'on en croit son président-et-plus-si-possible suite à ses déclarations des derniers mois, offre pourant une prime de 12 eur sur les livraisons de pactole de cette année (bien lire les lignes écrites en tout petit cependant: obligatoirement tout reverser au groupe en achats divers et avariés, bien distinguer les prix A et A-en-B et B, ne pas trop livrer mais assez quand meme, régularisable le dernier jour de la campagne).
Joli sacrifice!
15 avril 2XX6
Info rapide!
Rumeur glanée ici ou là, mais il y a eu des échanges d'huiles administratives récemment entre les 2 groupes sociétaires.
Le gros groupe sociétaire batave Bouklett-Pactolina souhaiterait fusionner avec le non moins gros groupe gaulois Pacmanaladaal (ndlr:référence au ptit bonhomme ludo-vidéo qui bouffe tout les bonbons qu'il voit, et souvent des pilules empoisonnées).
Pourtant le batave s'évertue à coup de prime à encourager ses livreurs à moins livrer, et le gaulois accepte tous les débouchés possibles sans trop de discernement. Trop de pactole mais pas encore assez pour des prix toujours plus bas!
Stratégie admirable qui laisse coi une fois assimilée (sans pour autant être comprise). Il est certain que l'on s'approche de cette fameuse Taille Critique, Saint Graal-but-en-soi des groupes sociétaires, et PasUnÏota enrage, tous les livreurs de pactole aussi!
17 avril 2XX6
Breaking News!
Des producteurs de Pactole ultra marins annoncent qu'ils peuvent désormais produire pourpresque rien le précieux liquide.
Le président de la Fnip Modeste Picto-Pacto déclare aussitôt:
"Nous saluons cette grande avancée en nous engageant à payer le pactole à nos livreurs un peu moins que rien pour les trimestres à venir, et ceci afin de les conforter dans leur démarche de compétitivité et de modernisation."
Parole au Pactole ira bien sûr prochainement à la rencontre de producteurs-disciples proches de vous dotés de cette ouverture d'esprit permettant une telle révolution de la filière.
20 avril 2XX6
À quel point les puissants peuvent-ils être méchants?
Explorons la question avec Phil Pactan, Très Haut Commissaire Pour l'Industrie Agro-Alimentaire et Contre l'Agriculture
- M. Pactan, quelles sont les mesures prises pour contrer la crise du pactole?
- Nous avons réagi aussi vite et aussi fortement que possible face aux difficultés (toute relatives cependant) des pactoliers en s'assurant d'abord de la solidité des transformateurs. Nous avons donc décidé de créer ex nihilo un nouveau débouché illimité pour la poudre de pactole grâce auStockage! (Applaudissements frénétiques et très soulagés des représentants de PasUnÏota et Pacmanaladaal).
-Mais cette solution n'est pas nouvelle, les quotas ont justement été instaurés pour limiter son utilisation abusive et délétère à moyen et long terme...
- Haaaaaaaaa, "quota", quel vilain mot, quel affreux concept! Et pourquoi pas "Régulation" tant que vous y êtes! Non, le monde que nous souhaitons est celui de la libre entreprise, du libre échange, de la beauté du mouvement de toutes ces petites marchandises et mignons transferts de fonds sans entrave aucune, de ce merveilleux ballet symbole de la réussite! Le pactole y a bien sûr toute sa place.
-Mais les pactoliers sont loin d'être convain...
-Mais enfin, ils ne sont pas si malheureux puisqu'ils produisent du pactole à en faire péter leur tank! "Life is fun!" Ils doivent arrêter de pleurnicher et crôôquer la vie à pleine dent (et leurs voisins en même temps si possible)! Trouver des solutions modernes, comme le travail à l'extérieur, investir massivement dans les bioénergies, surfer sur les bulles foncières ou ouvrir une ligne de crédit revolving non remboursable! Ne pas se satisfaire du petit statut de pactolier. "Life is fun (for winners)!". Innover, s'Adapter, Réussir, même si on doit sacrifier tout le reste!
-Vous ne mettrez donc aucune mesure supplémentaire en place?
-Non, aucune. Les producteurs de pactole peuvent désormais se regrouper autant qu'ils le souhaitent et essayer (bonne chance) de signer des contrats équitables maintenant que les volumes ont explosés et que les prix sont enfin très bas, se féliciter qu'on ai vaincu la volatilité! Allez, halte au pessimisme, "Life is fun", que les meilleurs gagnent et que les autres les y aident! Quel jeu passionnant!
Ndlr: certaines expressions intraduisibles ou particulièrement libéralo-folklorique ont été conservées dans leur version originale.
24 avril 2XX6
Surprenant, interloquant, loufoque phénomène dans les campagnes observés récemment. Des pactoliers stratoptimistes implorant à genoux Pactolis de les payer encore un peu moins que rien, juste pour le plaisir et la gloire de participer à ce phénoménal succès économique!
Jouissance maso-libérale!
Le Triomphe de Pactolis
Uchronie dont toute ressemblance avec une certaine crise actuelle serait purement fortuite!
5 Avril 2XX6
Alerte News - Place au direct - Urgent Info
Pactolis, n. 1 mondial sur le marché du pactole, s'apprête à ne pas dévoiler ses résultats records pour 2016.
Il est encore un peu tôt en 2016 pour précisément connaître l'ampleur de ses bénéfices, mais ils seront considérables, voire historiques, c'est certain.
La société Pactolis, fleuron de l'industrie nationale à l'international, a savamment su bâtir son empire en s'appuyant sur les traditions pactolières régionales et en les démocratisant, en faisant l'acquisition de nombres de pactoleries à l'international et en devenant incontournable dans les rayons de nos supermarché.
Avec brio, elle ne s'est pas exposée inconsidérément sur le marché de la poudre de pactole comme nombre de ses concurrents moins avisés.
D'une main de maître, elle a su profiter de la fin des quotas européens (et donc de la régulation de ce marché à l'échelle mondiale) pour la production de pactole pour consolider ses parts de marché et ses marges tout en ayant accés à une source bien plus ample de pactole au meilleur prix.
Elle n'est bien sûr pour rien dans la désorganisation clanique des producteurs de pactole, ni dans la rédaction de contrats aux termes étonnants (les plus acerbes diront léonins) liant la société à ses livreurs de pactole. Elle ne joue qu'un rôle très mineur dans la Fnip, fédérant les industriels de la filière Pactole, qui s'oppose discrètement mais fermement à toute modification du paysage pactolier donnant plus de force aux producteurs. Enfin, il est évident qu'elle n'a absolument pas recours au lobbying à Bruxelles afin de faire échouer toute tentative de régulation intelligente du marché du pactole.
Tous ces très heureux concours de circonstances mettent durablement Pactolis dans une situation plus qu'enviable pour capitaliser sur ses excellents choix stratégiques industriels et commerciaux.
Les livreurs de pactole liés (et non enchaînés comme certains aigris peuvent prétendre) à Pactolis peuvent se féliciter de permettre une telle réussite dans le monde des affaires, les autres producteurs de pactole se morfondre de ne pas avoir cette consolation.
Place à la pub!
5 Avril 2XX6
Alerte News - Place au direct - Urgent Info
Pactolis, n. 1 mondial sur le marché du pactole, s'apprête à ne pas dévoiler ses résultats records pour 2016.
Il est encore un peu tôt en 2016 pour précisément connaître l'ampleur de ses bénéfices, mais ils seront considérables, voire historiques, c'est certain.
La société Pactolis, fleuron de l'industrie nationale à l'international, a savamment su bâtir son empire en s'appuyant sur les traditions pactolières régionales et en les démocratisant, en faisant l'acquisition de nombres de pactoleries à l'international et en devenant incontournable dans les rayons de nos supermarché.
Avec brio, elle ne s'est pas exposée inconsidérément sur le marché de la poudre de pactole comme nombre de ses concurrents moins avisés.
D'une main de maître, elle a su profiter de la fin des quotas européens (et donc de la régulation de ce marché à l'échelle mondiale) pour la production de pactole pour consolider ses parts de marché et ses marges tout en ayant accés à une source bien plus ample de pactole au meilleur prix.
Elle n'est bien sûr pour rien dans la désorganisation clanique des producteurs de pactole, ni dans la rédaction de contrats aux termes étonnants (les plus acerbes diront léonins) liant la société à ses livreurs de pactole. Elle ne joue qu'un rôle très mineur dans la Fnip, fédérant les industriels de la filière Pactole, qui s'oppose discrètement mais fermement à toute modification du paysage pactolier donnant plus de force aux producteurs. Enfin, il est évident qu'elle n'a absolument pas recours au lobbying à Bruxelles afin de faire échouer toute tentative de régulation intelligente du marché du pactole.
Tous ces très heureux concours de circonstances mettent durablement Pactolis dans une situation plus qu'enviable pour capitaliser sur ses excellents choix stratégiques industriels et commerciaux.
Les livreurs de pactole liés (et non enchaînés comme certains aigris peuvent prétendre) à Pactolis peuvent se féliciter de permettre une telle réussite dans le monde des affaires, les autres producteurs de pactole se morfondre de ne pas avoir cette consolation.
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vendredi 29 janvier 2016
Lettre de soutien à la loi sur la compétitivité agricole
Mesdames, Messieurs les Députés de la Commission des Affaires Économiques,
J'ai lu avec attention le compte rendu de la Commission des Affaires Économiques se réunissant pour discuter de la loi sur la compétitivité agricole le mercredi 27 janvier.
Je suis éleveur laitier dans les Côtes d'Armor sur une exploitation de 60 hectares et 40 vaches.
L'article 1er de la loi me semble le plus important. Actuellement, si la formule de calcul du prix du lait proposée par le CNIEL comporte de multiple composants qui prennent en compte le contexte international, aucun ne porte sur les coûts de production. De plus, cette formule n'est tout simplement plus suivie par les laiteries, malgré ce qu'elles peuvent prétendre.
Il faut comprendre que la contractualisation dans la filière laitière a été initiée alors que les Organisations de Producteurs existaient à peine, et étaient très dispersées. Ce sont les laiteries qui ont écrit et proposé les contrats, et les producteurs n'ont eu d'autres choix que de les signer, en position de faiblesse.
Il est impératif de rétablir un rapport de force dans les négociations, l'atomisation des producteurs étant bien trop grande face à leurs acheteurs. Je rappelle que nos vaches doivent être traites 2 fois par jour, le lait ne peut être stocké plus de 2 jours sur la ferme. Notre lait doit être produit et vendu aussitôt. Nous sommes par nature captifs de nos laiteries. Aujourd'hui elles seules décident des volumes à produire et du prix à payer, qui nous est communiqué le 10, le 15 ou le 20 du mois!
Tenir compte des coûts de production dans les contrats ne serait en aucun cas une contrainte pour les producteurs, mais un formidable outil de négociation.
Il est par ailleurs essentiel de favoriser le regroupement des producteurs au sein d'organisations beaucoup plus larges pouvant réellement négocier les prix avec les laiteries, et non pas seulement les avaliser.
Je vous prie donc instamment de reconsidérer votre position sur cette loi. La situation est extrêmement grave dans nos exploitations, une grande majorité d'entre nous puisent dans les dernières réserves qui nous restent sans se prélever de revenu, et ce depuis 1 an déjà. Cela ne saurait durer plus longtemps. Il en va de la sécurité alimentaire de la France.
Je vous prie d'agréer, Mesdames, Messieurs les Députés, l'expression de mes salutations distinguées.
Gwendal RAOUL
mercredi 20 janvier 2016
A French dairy farmer's letter to Mr. Phil Hogan
Mr. Phil Hogan
The dairy farming sector is suffering one of its harshest and forseeably longest crisis ever. Most analysts agree european overproduction of milk, made worse by very diminished chinese imports and the effects of the russian embargo on dairy products, is to blame.
This overproduction is the direct result of the brutal end of european milk quotas in April 2015 and the total absence of concerted regulation of milk production thereafter.
Anticipating the end of quotas, european dairies have massively invested in milk powder processing plants which are simply churning out to much milk powder for the world market to absorb.
Farm gate milk prices are falling, and milk production is not. This is because, individually, most dairy farmers are ramping up their deliveries to cover their fixed costs. The milk market will only regulate itself in the short to mid term through numerous bankrupcies of family-owned dairy farms. This is not acceptable.
Consumers need a steady source of quality dairy products at the right price. Dairy farmers need to be paid their fair share for adequate deliveries of milk. Dairies must be able to process this milk efficiently and sell the dairy products Europe and the world need, not all the milk our cows can possibly produce, and then more.
Access to hedging instruments, more public financial aids are not the answer. Nor is going back to strict quotas.
The only answer to overproduction of milk is smart regulation combining coercive public measures and proper market analysis and organisation. Dairies must be able to provide up-to-date information to dairy farmers about the volumes of milk they require, and dairy famers must be able to organise themselves collively to decide how these volumes are to be produced. Without european public intervention, this will not be possible.
Dairy farming is about food security but also about the landscape of huge parts of the european countryside, the future of the families producing milk seven days a week all year round and the rural economic activity they generate.
Please do not give up on family-run dairy farms!
Yours sincerely,
Gwendal Raoul
A dairy farmer in Brittany, France.
---------------
M. Hogan,
Le secteur de la production laitière traverse l'une des pires et sans doute des plus longues crises de son histoire. La plupart des analystes s'accordent pour dire que la surproduction européenne, aggravée par la baisse des importations chinoises et les effets de l'embargo russe, en est la responsable.
Cette surproduction résulte directement de la fin des quotas ayant brutalement pris effet en avril 2015, et l'absence totale de régulation concertée de la production de lait depuis.
Anticipant la fin des quotas, les laiteries ont massivement investi dans des tours de séchage qui produisent tout simplement beaucoup plus de de poudre de lait pour que les marchés ne peuvent en absorber.
Les prix du lait, départ cour de ferme, sont en chute libre, mais la production de lait augmente. Individuellement, la plupart des producteurs livrent plus de lait pour couvrir leurs charges fixes. Le marché du lait ne se régulera sur le court et moyen terme qu'avec un grand nombre de faillites d'exploitations laitières familiales. Ceci n'est pas acceptable.
Les consommateurs ont besoin d'avoir accès à des produits laitiers en quantité suffisante et au juste prix. Les producteurs de lait ont besoin de percevoir leur juste part de la valeur ajoutée du produit final en contrepartie de livraisons de lait adéquates. Les laiteries doivent pouvoir transformer efficacement le lait et vendre les produits laitiers dont l'Europe et le monde ont besoin, pas tout le lait que nos vaches peuvent produire et beaucoup plus encore.
Les instruments de couverture contre la volatilité des marchés et de nouvelles aides publiques ne sont pas la bonne réponse. Ni le retour aux anciens quotas.
La seule bonne réponse à la surproduction de lait est une régulation intelligente qui allie des mesures publiques coercitives et une analyse et une organisation des marchés adéquates. Les laiteries doivent pouvoir fournir aux producteurs des informations à jour sur leur besoin en volumes, et les producteurs doivent pouvoir s'organiser collectivement pour décider comment répondre à ces besoins. Sans intervention publique européenne, ce ne sera pas possible.
La production de lait ce n'est pas simplement la sécurité alimentaire, c'est aussi le façonnage des paysages des campagnes d'Europe, c'est l'avenir d'exploitations et des familles qui y travaillent toute l'année sept jours sur sept, et c'est toute l'activité économique qui en découle pour le secteur rural.
Merci de ne pas abandonner nos exploitations familiales."
The dairy farming sector is suffering one of its harshest and forseeably longest crisis ever. Most analysts agree european overproduction of milk, made worse by very diminished chinese imports and the effects of the russian embargo on dairy products, is to blame.
This overproduction is the direct result of the brutal end of european milk quotas in April 2015 and the total absence of concerted regulation of milk production thereafter.
Anticipating the end of quotas, european dairies have massively invested in milk powder processing plants which are simply churning out to much milk powder for the world market to absorb.
Farm gate milk prices are falling, and milk production is not. This is because, individually, most dairy farmers are ramping up their deliveries to cover their fixed costs. The milk market will only regulate itself in the short to mid term through numerous bankrupcies of family-owned dairy farms. This is not acceptable.
Consumers need a steady source of quality dairy products at the right price. Dairy farmers need to be paid their fair share for adequate deliveries of milk. Dairies must be able to process this milk efficiently and sell the dairy products Europe and the world need, not all the milk our cows can possibly produce, and then more.
Access to hedging instruments, more public financial aids are not the answer. Nor is going back to strict quotas.
The only answer to overproduction of milk is smart regulation combining coercive public measures and proper market analysis and organisation. Dairies must be able to provide up-to-date information to dairy farmers about the volumes of milk they require, and dairy famers must be able to organise themselves collively to decide how these volumes are to be produced. Without european public intervention, this will not be possible.
Dairy farming is about food security but also about the landscape of huge parts of the european countryside, the future of the families producing milk seven days a week all year round and the rural economic activity they generate.
Please do not give up on family-run dairy farms!
Yours sincerely,
Gwendal Raoul
A dairy farmer in Brittany, France.
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M. Hogan,
Le secteur de la production laitière traverse l'une des pires et sans doute des plus longues crises de son histoire. La plupart des analystes s'accordent pour dire que la surproduction européenne, aggravée par la baisse des importations chinoises et les effets de l'embargo russe, en est la responsable.
Cette surproduction résulte directement de la fin des quotas ayant brutalement pris effet en avril 2015, et l'absence totale de régulation concertée de la production de lait depuis.
Anticipant la fin des quotas, les laiteries ont massivement investi dans des tours de séchage qui produisent tout simplement beaucoup plus de de poudre de lait pour que les marchés ne peuvent en absorber.
Les prix du lait, départ cour de ferme, sont en chute libre, mais la production de lait augmente. Individuellement, la plupart des producteurs livrent plus de lait pour couvrir leurs charges fixes. Le marché du lait ne se régulera sur le court et moyen terme qu'avec un grand nombre de faillites d'exploitations laitières familiales. Ceci n'est pas acceptable.
Les consommateurs ont besoin d'avoir accès à des produits laitiers en quantité suffisante et au juste prix. Les producteurs de lait ont besoin de percevoir leur juste part de la valeur ajoutée du produit final en contrepartie de livraisons de lait adéquates. Les laiteries doivent pouvoir transformer efficacement le lait et vendre les produits laitiers dont l'Europe et le monde ont besoin, pas tout le lait que nos vaches peuvent produire et beaucoup plus encore.
Les instruments de couverture contre la volatilité des marchés et de nouvelles aides publiques ne sont pas la bonne réponse. Ni le retour aux anciens quotas.
La seule bonne réponse à la surproduction de lait est une régulation intelligente qui allie des mesures publiques coercitives et une analyse et une organisation des marchés adéquates. Les laiteries doivent pouvoir fournir aux producteurs des informations à jour sur leur besoin en volumes, et les producteurs doivent pouvoir s'organiser collectivement pour décider comment répondre à ces besoins. Sans intervention publique européenne, ce ne sera pas possible.
La production de lait ce n'est pas simplement la sécurité alimentaire, c'est aussi le façonnage des paysages des campagnes d'Europe, c'est l'avenir d'exploitations et des familles qui y travaillent toute l'année sept jours sur sept, et c'est toute l'activité économique qui en découle pour le secteur rural.
Merci de ne pas abandonner nos exploitations familiales."
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